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Actualités des droits de l'enfant

Articles avec #travail des enfants

Aujourd’hui, c’est la Journée mondiale de défense et de promotion des droits de l’enfant . dans le même temps nous  fêtons le 28ème anniversaire de la convention internationale des droits de l’enfant (CIDE). Elle a été adoptée à l’unanimité par l’Organisation des nations unies (ONU) le 20 novembre 1989. Elle garantit aux enfants du monde entier des droits. Mais, si ce texte est le traité ratifié par le plus grand nombre de pays (seuls les États-Unis manquent à l’appel), son application laisse encore à désirer en France et dans de nombreuses régions du monde.
Vingt-huit ans après, où en est-on ?
 
Santé, des progrès mais peut mieux faire
Les progrès les plus significatifs depuis 1989 ont été réalisés dans le domaine de la santé. Pour autant, ils restent relatifs : en 2015, 8,9 millions enfants (au lieu de 14 millions en 1989) mouraient encore avant leurs 15 ans. Si nombre de maladies virales comme la rougeole, le tétanos ou bien encore la polio ont pratiquement été éradiquées, puisque le taux de mortalité des enfants pour ces épidémies a baissé de presque 90 % en vingt-cinq ans, il n’en est pas de même pour le SIDA. 2 millions d’enfants de par le monde l’on contracté et 35 % d’entre eux en meurent avant leurs 10 ans. Près de 90% de ces enfants vivent en Afrique subsaharienne où les médicaments, pourtant de plus en plus efficaces, tardent à arriver.

Malnutrition et accès à l’eau potable : une situation dramatique
Le bilan, quoique meilleur qu’il y a vingt-huit ans, reste dramatique : 2,9 millions d’enfants meurent avant 5 ans parce qu’ils sont mal nourris. Dans les pays en voie de développement, plus d'un milliard d'habitants n'ont pas accès à l'eau salubre et près de 3 milliards de personnes (plus de la moitié de l'humanité) ne sont pas équipées de systèmes d'assainissement. Près de 3 millions d'enfants meurent chaque année de maladies dues au manque d'hygiène et douze millions d’entre eux meurent victimes de pneumonie, de diarrhée et autres maladies évitables. Pourtant de simples mesures d'hygiène, d’accès à l’eau potable, aux médicaments, d’alimentation suffisante ou d’allaitement maternel pourraient sauver de nombreuses vies.
 
Les enfants au travail
Un rapport de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) montre que la lutte contre le travail des enfants est en bonne voie, même si l’objectif d’en éliminer les pires formes cette année ne sera pas atteint. Les dernières estimations, publiées en 2015, montrent que l’essentiel des progrès a été accompli entre 2008 et 2014, quand le chiffre mondial a reculé de 215 à 168 millions. Cela reste un chiffre énorme. Plus de la moitié de ces 168 millions d’enfants qui travaillent dans le monde sont engagés dans des activités dangereuses, activités qui mettent directement en péril leur santé, leur sécurité et leur développement moral. Actuellement, le nombre d’enfants qui effectuent des travaux dangereux s’élève à 115 millions, contre 171 millions en 2000.

La région d'Asie-Pacifique continue à enregistrer les plus grands nombre d'enfants (presque 78 millions ou 9,3% de toute la population d'enfants), mais l'Afrique sub-saharienne continue à être la région avec la plus forte incidence de travail des enfants (59 millions, plus de 21%).

Il y a 13 millions (8,8%) d'enfants astreints au travail des enfants en Amérique latine et les Caraïbes, tandis qu'ils sont 9,2 millions (8,4%) dans la région du Moyen-Orient et l'Afrique du Nord.
 
L'agriculture continue à être de loin le secteur avec le plus grand nombre d'enfants astreints au travail (98 millions, ou 59%), mais le nombre d'enfants dans les services (54 millions) et l'industrie (12 millions) n'est nullement négligeable – principalement dans l'économie informelle.
Le travail des enfants chez les filles a diminué de 40% depuis 2000, alors que chez les garçons la diminution est de 25%.
 
 
Les enfants soldats
En 2016, la plupart des Etats ont signé les textes contre l’utilisation des enfants dans les conflits armés. Pourtant, il y aurait quelque 250 000 jeunes âgés de 6 à 18 ans mêlés à une trentaine de conflits dans le monde. Alors que depuis 2002, selon le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l'enfant, la participation de ces derniers aux conflits armés est interdite, les enfants continuent d’être utilisés dans les guerres.

Consommant moins de nourriture que les adultes, dociles et influençables, ils sont combattants, poseurs de mines, voire porteurs, messagers, espions, cuisiniers, esclaves sexuels, etc. Si la majorité d’entre eux s’enrôlent pour fuir la maltraitance ou la pauvreté, beaucoup sont recrutés de force ou kidnappés. Les garçons forment le gros des troupes, mais ils ne sont pas les seules victimes. Les filles se battent comme eux et représenteraient presque la moitié des enfants soldats dans le monde.

Certaines s’engagent volontairement pour échapper à un esclavage domestique ou un mariage forcé. Enfants soldats, elles sont souvent victimes de viol, de traite, d’exploitation et de mutilations sexuelles, avec des risques de grossesses non désirées, des conditions d’accouchement tragiques et une exposition aux MST (maladies sexuellement transmissibles) dont le Sida.

Surtout destinés aux adultes, les programmes DDR (Désarmement, Démobilisation, Réintégration) des Nations unies, visant à reconstruire la paix et la stabilité, ainsi que le développement à long terme des sociétés après les conflits, ont tout de même permis de démobiliser plus de 100 000 enfants dans plus de 15 pays.

Les enfants face à la guerre et au terrorisme
Les conflits armés qui ensanglantent le monde ces dernières décennies n’ont jamais fait autant de victimes civiles puisqu’elles représenteraient actuellement 90 % des tués. Et parmi elles, la moitié serait des enfants. Enfants soldats ou pas, l’impact des guerres sur les plus petits est dès lors considérable. En une décennie, plus de deux millions d’enfants ont été tués, au moins six millions ont été blessés dont une grande partie souffre d’invalidité permanente.

Les impacts psychologiques sont également dramatiques. Les petits qui se retrouvent face à la décomposition de leur vie sociale, au stress, à la guerre, à la mort de leurs parents, aux viols de leurs sœurs ou de leur mère, demeurent psychologiquement traumatisés à vie.

Pour les enfants parvenant à échapper à la guerre, leur sort reste malgré tout peu enviable. Ils seraient quelque vingt millions réfugiés dans les Etats voisins ou déplacés dans leur propre pays. Pire, sur les dix dernières années, plus d’un million sont devenus orphelins ou ont été séparés de leur famille.

En Syrie, les violences à l'encontre des enfants ont atteint leur pire niveau au cours de l'année 2016. Dans le pays, où la guerre sévit depuis six ans, plus de 650 enfants ont été tués au cours de la dernière écoulée. Cela représente une augmentation de 20 % par rapport à l'année 2015. Parmi ces enfants tués, 255 l'ont été dans ou à proximité d'une école, ce qui prouve qu'ils sont délibérément visés.

Enfin, des milliers d’enfants sont victimes des attentats terroristes qui frappent partout dans le monde.  Ils en sont directement victimes, tués ou blessés, ou bien ils se retrouvent orphelins ou enfin sont embrigadés pour commettre eux-mêmes ces attentats.
 
 
L’exploitation sexuelle des enfants
Pour le bon plaisir d'adultes sans scrupules plusieurs millions d'enfants et d'adolescents sont prostitués ou exploités sexuellement à travers le monde. C'est avant tout un drame de pauvres. Même si l'on rencontre sur tous les continents des pédophiles, la très grande majorité des enfants prostitués et exploités sexuellement se trouvent dans les pays du tiers monde ou dans les catégories sociales très défavorisées des pays riches.

La majorité de ces jeunes a entre 12 et 18 ans, mais certains ont à peine 8 ans et même des bébés sont parfois impliqués. Là aussi, de réels progrès ont été réalisés grâce notamment à un renforcement de l’arsenal répressif, d’une réelle prise de conscience des populations et des campagnes d’information en direction des enfants.

L’Education,  un levier majeur
Entre tous, l’éducation joue un rôle crucial. Car, même au milieu du chaos, elle peut restaurer un certain degré de stabilité et de normalité pour les enfants. Une amélioration sensible a été opérée depuis 20 ans et le nombre d’enfants non scolarisés est passé de 115 millions à 93 millions.

L’écart entre le nombre de filles scolarisées et les garçons s’est considérablement réduit. Une amélioration qu’il faut cependant relativiser par le taux d’achèvement des études qui reste très insuffisant. L’éducation offre une occasion unique de transmettre aux enfants des messages de survie sur des questions aussi vitales que la prévention du sida et la sensibilisation aux dangers qui les menacent. L’éducation peut aussi permettre de semer la paix et la justice partout dans le monde.

La situation en France
La France est un des pays au monde qui respecte le mieux la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (le Canada et la Suède font figure de meilleurs « élèves »). Il existe toutefois de graves problèmes : la pauvreté, qui touche 3 millions d’enfants, avec ses conséquences désastreuses sur la scolarité, l’accès à la santé et au logement ; la discrimination qui pénalise les jeunes des banlieues issus de l’immigration ou d’Outre-mer ; la situation des mineurs étrangers isolés qui sont retenus dans les zones d’attente des aéroports ou qui errent dans les rues et dans des camps de fortune sans bénéficier d’assistance ; le recours excessif aux mesures répressives, par défaut de structures alternatives à l’incarcération des mineurs ; la situation dramatique des enfants Roms et des gens du voyage qui perdure ; la difficulté d’intégration scolaire des élèves handicapés, le harcèlement et le racket à l’école, le suicide des enfants et des jeunes ; la discrimination dans les cantines scolaires, les 30 000 enfants qui sont sans domicile fixe, les dérives sectaires de certains mineurs perdus dans le « djihad », le droit aux origines des enfants nés sous X, les difficultés de prise en charge des enfants par l’aide sociale à l’enfance, etc…

Dans son dernier rapport, publié aujourd’hui, le Défenseur des Droits, Jacques Toubon alerte sur les situations alarmantes de certains enfants vulnérables en France. Elles appellent, selon lui, « des réactions urgentes » des pouvoirs publics.

Il s’inquiète tout d’abord des récentes annonces du gouvernement sur la prise en charge des mineurs non accompagnés (MNA), ces jeunes migrants arrivant sans famille en France. Le gouvernement a récemment annoncé sa volonté de confier à l’Etat l’accueil d’urgence et l’évaluation de l’âge de ces jeunes « jusqu’à ce que leur minorité soit confirmée », mission qui relève actuellement des départements, chargés de la protection de l’enfance. Ce « transfert de compétences » fait craindre au Défenseur que s’installe « un dispositif dérogatoire au droit commun, qui tendrait à considérer ces jeunes d’abord comme des étrangers, avant d’être des enfants à protéger ».
 
Il se préoccupe également de la situation d’enfants vivant dans des bidonvilles, notamment ceux issus de la minorité Roms, dont les familles font fréquemment l’objet de procédures d’expulsion.

Concernant les familles en situation de précarité, le Défenseur des droits regrette le recours croissant à l’hébergement à l’hôtel, solution « inadaptée à l’accueil d’enfants ». Deux ans après son lancement, un plan gouvernemental de réduction des nuitées hôtelières n’est « pas suffisamment développé ».

Le Défenseur des droits se montre prudent concernant le projet du gouvernement de fixer un âge au-dessous duquel un mineur ne pourra être considéré comme consentant à un acte sexuel. Soulignant la « complexité » de cette question, il recommande de réaliser une étude afin d’évaluer « les impacts sur l’ensemble des droits de l’enfant ». Il s’interroge notamment sur les conséquences pour le mineur de l’ouverture d’une procédure criminelle pour viol. (voir article précédent).
 
Le rapport souligne enfin le rôle de l’école pour lutter contre les comportements sexistes, regrettant que les séances d’éducation à la sexualité prévues par la loi ne soient pas systématiquement organisées
 
 
Les droits de l'enfant, une ardente obligation pour l'avenir de nos sociétés
24 % des jeunes de 13 à 18 ans, à peine un sur quatre, ont déjà entendu parler de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE). Ainsi, on parle de moins en moins de droits de l’enfant, sauf quand l’actualité les ramène sur le devant de la scène (pédophilie, maltraitance…), et parfois à tort et à travers (mariage pour tous, « Djihad »).
 
En permanence de nouvelles tentatives ont lieu visant à lier droits des enfants avec ses devoirs avec l’idée que « l’enfant aura des droits lorsqu’il respectera ses devoirs ». Pourtant la convention internationale des droits de l’enfant dit exactement le contraire et a reconnu l’enfant comme un être humain à part entière qui n’appartient à personne que la société doit protéger.
En effet, comment un enfant peut-il respecter une règle, une loi venant d’un groupe, d’un Etat qui ne le respecte pas voire qu’il le dénie totalement ou qui l’exploite honteusement ? C’est pourquoi, en ces temps compliqués, il est plus que jamais nécessaire de mieux promouvoir les droits de l’enfant et la Convention Internationale auprès des enfants eux-mêmes.
 
Ce n’est pas une question mineure, car garantir à l’enfant le droit à la santé, à un nom, à une nationalité, à l’éducation, aux loisirs, à la culture, passe par le fait que ces droits soient aussi accordés à leurs parents.

JCC

Lundi 12 juin, c’était la journée Mondiale contre le travail des enfants. C’est l'Organisation internationale du Travail (OIT) qui, en 2002 a créé cette journée pour attirer l'attention sur l'étendue mondiale du travail des enfants, ainsi que les actions et les efforts nécessaires pour l'éliminer. Chaque année, le 12 juin, la Journée mobilise les gouvernements, les employeurs, la société civile, ainsi que des millions de personnes à travers le monde pour mettre en évidence la situation des enfants qui travaillent et les actions qui peuvent les aider.

Et le chemin qui reste à parcourir est immense. A l'échelle mondiale, plus de 1,5 milliard de personnes vivent dans des pays touchés par les conflits et la violence ou des pays qui se trouvent en situation de fragilité. Environ 200 millions de personnes sont aussi touchées chaque année par des catastrophes naturelles. Un tiers d'entre elles sont des enfants. Une proportion importante des 168 millions d'enfants victimes du travail des enfants vivent dans ces zones touchées par les conflits et les catastrophes. Cette année, la Journée mondiale contre le travail des enfants s’est concentrée sur l'impact des conflits et des catastrophes sur le travail des enfants.

Car ils ont un impact dévastateur sur la vie des gens. Ils tuent, mutilent, blessent, forcent les gens à fuir leurs maisons, détruisent leurs moyens de subsistance, les poussent dans la pauvreté et la famine et les piègent dans des situations où leurs droits humains fondamentaux sont violés. Les enfants sont souvent les premiers à souffrir dans ces situations, lorsque les écoles sont détruites et que les services de base sont perturbés. Nombre d’entre eux sont déplacés ou réfugiés à l’étranger et sont particulièrement vulnérables à la traite et au travail des enfants. Des millions d'enfants se retrouvent donc astreints au travail des enfants lors de conflits et de catastrophes.

Le travail des enfants est une violation des droits fondamentaux des enfants, un frein considérable au développement durable du travail décent et une honte pour l’humanité. L’éradiquer est une priorité mondiale.

JCC

(Source : OIT)

Voir le dossier sur le site des droits de l’enfant
 

Le groupe LafargeHolcim, déjà montré du doigt pour ces liens financiers présumés avec le groupe « DAECH » est à nouveau plongé dans la tourmente. En effet, l’ONG ougandaise «  Twerwaneho Listeners’Club » (TLC) et la fondation caritative suisse « Pain pour le prochain » (PPP) accuse, dans un rapport rendu public le début mai, le leader mondial des matériaux de construction d’avoir produit pendant plus de dix ans son ciment avec un minerai extrait par des enfants en Ouganda.

Les deux organisations font état de témoignages de 54 personnes (dont 20 enfants), vivant dans la région de Fort Portal, où est située la cimenterie de la société Hima, filiale du groupe LafargeHolcim dans le pays. Celle-ci est alimentée quotidiennement en pouzzolane (roche volcanique utilisée dans la fabrication du ciment bon marché) par les multiples mines artisanales présentes dans la région, opérant à ciel ouvert et sans aucune forme de régulation.

Le rapport relève que « durant plus de dix ans, LafargeHolcim et ses fournisseurs ont profité du travail des enfants auprès des mineurs artisanaux » de l’ouest ougandais et estime à environ 150 le nombre d’enfants travaillant dans les mines artisanales de la région.

De son côté, LafargeHolcim assure au contraire « avoir pris les choses très au sérieux ».Le groupe industriel dit avoir lancé 49 audits, « menés à l’improviste » par des « auditeurs indépendants et qualifiés » dans les carrières fournissant Hima en pouzzolane. Pour LafargeHolcim « Aucune de ces visites n’a montré d’exploitation minière artisanale effectuée par des enfants ».Pourtant, le groupe nie avoir des filiales qui ont utilisé de la main-d’œuvre infantile, il a malgré tout annoncé en janvier sa décision de cesser totalement d’acheter sa pouzzolane auprès des mines artisanales ougandaises.

Cette avancée ne satisfait pas les auteurs du rapport qui indiquent que « par cette décision, LafargeHolcim réduit simplement ses risques de réputation sans mettre en œuvre des mesures pour garantir un avenir décent aux enfants qui travaillaient dans les carrières ».

En effet, les enfants qui avaient abandonné l’école pour travailler dans les mines ont perdu leurs sources de revenus. Sans revenu, de nombreux parents ne peuvent plus payer la scolarité des enfants.

JCC

(Sources : rapport TLC et PPP)

Voir le rapport (en langue anglaise)

Il y a 22 ans, le 16 avril 1995, le jeune pakistanais Iqbal Masih (*) était assassiné à seulement douze ans en raison de sa lutte contre l’esclavage moderne, dont il était lui-même sorti. Depuis, le 16 avril est devenu la journée mondiale de lutte contre l’esclavage des enfants, qui constitue l’un des principaux obstacles à leur éducation.

Passée inaperçue en France en raison de l’élection présidentielles, cette journée a été l’occasion de rappeler qu’environ 150 millions d’enfants âgés de 4 à 14 ans seraient exploités dans des conditions dangereuses. Au total, ils représenteraient 10% de la main d’œuvre de l’industrie mondiale. Outre le travail forcé, cette traite englobe également la prostitution infantile, le trafic de drogue ou encore le trafic d’armes.

L’esclavage des enfants est devenu un instrument de la guerre commerciale planétaire qui voit arriver dans nos étalages, chaussures de sports et autres objets manufacturés. Certaines grosses entreprises, diffusant des marques connues dans le monde entier, exploitent des jeunes filles et jeunes garçons dans les pays les plus pauvres. Les enfants constituent ainsi le groupe de travail le plus vulnérable et le moins protégé.

Selon l’UNICEF, 168 millions d’enfants sont privés de leur enfance parce qu’ils sont obligés de travailler et le plus souvent dans des conditions très dangereuses. C’est pour dénoncer ces mauvais traitements et les combattre que la journée de lutte contre l’esclavage des enfants a été créée.

JCC

(Sources : journées mondiales et Unicef)

(*) Voir la page qui lui est consacrée sur www.droitsenfant.fr

C’est le journal britannique « The Sun »,  un tabloïd propriété du groupe de presse de Rupert Murdoch, a révélé que le confiseur italien « Ferrero » recourrait aux services d'enfants de six ans en Roumanie pour assembler les jouets constituant les surprises de la marque « Kinder ».

Pour sa défense, le groupe «  Ferrero »,  indique que ce travail est confié à une entreprise tierce. Il se fait à domicile et ce sont les parents recrutés par ces fournisseurs qui délèguent à leur progéniture une part de leurs tâches.

Le témoignage d'une famille, publié dans cet article, présente des photos et vidéos, illustrant les conditions de travail mais aussi l'hygiène sommaire qui accompagne l'assemblage des jouets dissimulés dans les chocolats. Cette famille roumaine composée, outre les parents, de trois enfants de 6 à 11 ans, se voit confier la confection de gadgets pour le compte de Ferrero. Ils sont payés une vingtaine de lei roumains, soit un peu plus de 4 euros, les 1 000 œufs.

Le groupe « Ferrero » est présent dans 160 pays et emploie plus de 40 000 salariés via 78 sociétés différentes. Les marques « Nutella », « Tic Tac », « Mon chéri » ou encore « Ferrero rocher » appartiennent à ce groupe. Outre ses 22 usines, il recourt à des sous-traitants qui confient parfois du travail à domicile.

La direction du groupe  « Ferrero » condamne fermement le travail des enfants et promet de faire toute la lumière sur cette affaire.

JCC

(Source : The Sun)

Selon l'organisation à but non lucratif « Business and Human Rights Resource Centre » (BHRCC), de nombreux enfants réfugiés syriens travaillent pour des entreprises occidentales en Turquie, pays qui accueille près de 2,2 millions de Syriens qui ont fui les combats dans leur pays.

Des centaines de milliers de personnes originaires de Syrie travaillent dans ce pays voisin pour des salaires très inférieurs à celui des Turcs, dont le salaire minimum est de 407 euros par mois. Beaucoup d'enfants travaillent également dans les fermes et les usines de Turquie.

L'entreprise suédoise de confection « H&M » et l'allemande « Next » , mais aussi  des fournisseurs turcs des marques des vêtements « Marks & Spencer » et « Asos » sont les entreprises au sein desquelles des cas de travail d'enfants syriens ont été détectés.

Les usines de production situées en Turquie d'autres grandes enseignes de l'habillement pourraient aussi être concernées par le problème du travail des réfugiés. « Primark », de même que « C&A », ont indiqué avoir identifié des travailleurs syriens adultes réfugiés. « Adidas », « Burberry », « Nike » et « Puma » ont déclaré ne disposer d'aucune information concernant la présence éventuelle d'employés syriens dans leurs usines. Le groupe « Arcadia » qui possède « Topshop », « Dorothy Perkins » et « Burton Menswear » a formulé la même réponse.

De son côté, un reportage de la BBC (chaine de télévision anglaise) a montré qu’au moins sept Syriens âgés de 15 ans ont été vus en train de travailler dans les usines des fournisseurs turcs des marques des vêtements « Marks & Spencer » et « Asos ». Selon les témoignages, ils auraient reçu moins d’un euro par heure travaillée et auraient été embauchés par un tiers qui les payait dans la rue. Durant leur journée de travail, d'une durée de 12 heures, les mineurs auraient eu pour tâche de repasser les vêtements destinés au marché britannique.

De plus, ce n’est pas la seule violation qu'ont découverte les journalistes de la BBC en Turquie. Certains réfugiés auraient été exposés à des composants chimiques nocifs alors qu'ils décoloraient des jeans pour le compte de la marque « Mango » sans moyens de protection adaptés.

Toutes ces marques disent « avoir une politique contre le travail des enfants qui se base sur la Convention des Nations unies sur les droits de l'enfant ». Mais une fois qu'on va voir ce qui se passe en coulisses... Immonde et scandaleux !

(Sources : BHRCC & BBC)

Iran : deux millions d’enfants de la rue et du travail

Selon les associations locales de défense des enfants, deux millions d’entre eux seraient réduits à l’esclavage et utilisés par les réseaux criminels dans les trafics de tout genre et en particulier le trafic de drogues. Ces enfants sont appelés dans ce pays « les enfants de la rue et du travail ».

Ces enfants sont confrontés à la délinquance et donc au risque permanent de la peine de mort dans un pays qui enregistre proportionnellement le plus grand nombre d’exécutés et d’exécutions d’enfants mineurs dans le monde.

65% des crimes de la capitale iranienne sont commis dans les bidonvilles dont sont issus la quasi-totalité des enfants abandonnés. La population des bidonvilles iraniens est estimée désormais par les autorités elles-mêmes entre 11 et 15 millions de personnes.

Beaucoup d’enfants contractent le sida soit par leurs mères déjà porteuses du virus soit par les viols ou tout simplement par leur activité rémunératrice la plus connue : la fouille dans les déchets hospitaliers à la recherche des matières recyclables.

Beaucoup meurent à la naissance faute de soins et de nourriture. Ceux qui échappent à la mort sont vendus et ou « placés » dès leurs plus jeunes âges dans le trafic de drogues et la prostitution enfantine.

A cela s’ajoute le mariage forcé des fillettes. En effet, en application de la charia en vigueur en Iran, les filles de 13 ans peuvent être mariées. Dans certaines provinces comme le Kurdistan, le Sistan et le Baloutchistan on a enregistré au cours de l’année précédente des mariages d’enfants de moins de 10 ans.

Les autorités iraniennes refusent de diffuser toute information, étude ou statistique à leur sujet. Elles soutiennent qu’il s’agit en grande majorité des enfants des ressortissants étrangers (afghans et pakistanais) pensant ainsi trouver un alibi pour justifier leurs inactions et indifférence par rapport au sort des individus les plus vulnérables qui constituent un problème majeur de la société.

Le 13 juillet 1994, l’Iran a ratifié la Convention internationale relative aux droits de l’enfant et s’est formellement engagé à lutter contre le travail des enfants. Mais 22 ans plus tard, la situation des enfants qui travaillent ou qui vivent dans les rues s’est considérablement aggravée.

JCC

(Source : RFI)

Indonésie : dans l’industrie du tabac les enfants travaillent dès l’âge de 7 ans

L’ONG « Human Rights Watch »(HRW) dénonce le travail des enfants sur les plantations indonésiennes de tabac. Ces exploitations emploient des milliers d’enfants qui y travaillent dès l’âge de 7 ans.

Ce tabac est destiné au marché intérieur indonésien mais également aux grandes marques occidentales.

Il existe 500 000 plantations familiales de tabac en Indonésie. Traditionnellement, les parents demandent à leurs enfants de les aider à planter le tabac et à cueillir les feuilles. Les enfants travaillent aux plantations le matin avant d’aller à l’école et aussi l’après-midi, en rentrant de l’école. Ils y travaillent aussi pendant le week-end et les vacances scolaires.

Ces enfants connaissent rapidement des problèmes de santé car la manipulation des feuilles de tabac est très nocive pour la santé. La nicotine entre par la peau dans l’organisme des enfants et elle peut déclencher des nausées, des vomissements, des maux de crâne ou des faiblesses musculaires. A terme, ces enfants peuvent développer des cancers ou des maladies de l’appareil reproducteur.

En théorie, le droit indonésien interdit le travail des moins de 18 ans dans les industries dangereuses et le pays a ratifié la convention des droits des enfants le 5 septembre 1990…

JCC

(Source et photo : HRW)

Monde : demain, 12 juin 2016, c’est la journée mondiale contre le travail des enfants

En ratifiant la convention n° 182 de l'Organisation Internationale du Travail (OIT), les pays signataires se sont engagés à agir immédiatement pour interdire et éliminer les pires formes de travail des enfants. Cette convention a été la plus rapidement ratifiée de l'histoire de l'OIT depuis sa création en 1919. Parallèlement, la convention n° 138 de l'OIT a également été ratifiée par un nombre croissant de pays. Son objectif est long terme est d'obtenir l'abolition effective du travail des enfants. Au niveau des signatures, la mobilisation contre le travail des enfants ne cesse donc d'augmenter.

Pour autant, beaucoup de chemin reste à faire car le travail des enfants reste un phénomène mondial, auquel aucun pays ni aucune région n'échappe. Les crises de toutes sortes (catastrophes naturelles, chocs économiques, pandémie du VIH/SIDA, conflits armés) ont notamment pour effet de pousser un nombre croissant de jeunes vers des formes de travail débilitantes, parfois illégales et clandestines comme la prostitution, le trafic de drogue, la pornographie et d'autres activités illicites.

Selon l’OIT, le travail des enfants concerne 246 millions d'enfants entre 5 ans et 17 ans, soit un enfant sur six à l'échelle de la planète, essentiellement dans l'agriculture. Selon le Bureau International du Travail, 73 % de ces jeunes soit environ 179 millions (un enfant sur 8) sont soumis aux « pires formes de travail », qui mettent en péril leur bien-être moral, mental ou physique ­ et 8,4 millions sont assujettis à des activités « intrinsèquement condamnables » comme l’esclavage moderne, la servitude pour dettes, l’enrôlement dans des forces armées, la prostitution ou la pornographie.

Ainsi, les chiffres montrent que l'esclavage n'a pas disparu, puisque quelques 5,7 millions de jeunes sont asservis ou sont forcés de travailler. Ces enfants ont souvent beaucoup de problèmes pour obtenir de l'aide, non seulement parce qu'ils sont jeunes, mais aussi parce qu'ils ne possèdent aucun certificat de naissance ou papiers officiels et qu'ils sont donc « invisibles » aux yeux des autorités.

Mais, le travail des enfants concerne également les pays développés : 2,5 millions d'enfants y travailleraient. Ce phénomène touche surtout l'agriculture aux Etats-Unis, les services à la personne en Grande-Bretagne et le textile et le bâtiment en Europe du Sud.

L’abolition effective du travail des enfants est l’un des plus urgents défis de notre époque.

JCC

(Sources : OIT & BIT)

Voir le dossier et les conventions sur le site des droits de l’enfant

Maroc : les « petites bonnes » vont continuer d’être exploitées

Il y a deux ans environ, j’évoquais sur ce blog, une proposition de loi visant à interdire le travail domestique avant l’âge de 18 ans (voir article précèdent).

Or, le projet de loi n°19.12, présenté par le ministre marocain de l’emploi Abdeslam Seddiki, sur les conditions de travail et d’emploi relatives aux employés de maison, prévoit de fixer l’âge minimal de travail à 16 ans au lieu de 15 ans actuellement. Cette proposition de loi est donc contraire aux engagements du gouvernement marocain qui proposait, en 2014, de fixer l’âge minimal à 18 ans.

Malgré cela, le parlement marocain a adopté le 10 mai dernier ce projet de loi. S’il régule le travail domestique, il ne met pas fin à celui des « petites bonnes ». Ce sont ces milliers de jeunes filles utilisées comme domestiques dans des nombreux ménages, aussi bien en ville que dans les villages. On estime leur nombre entre 60.000 et 88.000 au Maroc.

Cependant, en vertu de cette nouvelle loi, le travail des enfants âgés de 16 à 18 ans doit remplir plusieurs critères : d’abord une autorisation écrite de la part des parents ou des tuteurs et un examen médical tous les six mois. L’activité exercée par l’enfant ne doit pas être immorale, dangereuse ou difficile.

Pour les personnes employant des enfants de moins de 16 ans, le projet de loi prévoit une amende pouvant atteindre 30.000 dirhams ainsi qu’une peine de trois mois de prison.

C’est malgré tout un véritable recul que connaît le Maroc qui, de fait, légalise le travail des enfants.

Pour rappel, le pays a ratifié la Convention internationale des droits des enfants le 22 juin 1993…

JCC

Actualités des droits de l'enfant

Actualités des droits de l'enfant en France et dans le monde. Blog complémentaire du site internet www.droitsenfant.fr. Citation : A. de Saint-Exupéry

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