Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Actualités des droits de l'enfant

Articles avec #hommage

Mandela ! Tout le monde est là !

« Madiba », comme l’appelaient les Sud-Africains en référence à son nom clanique, a arrêté de combattre. Car les héros meurent aussi, et à 95 ans Mandela, qui souffrait d’une infection pulmonaire, s’est éteint jeudi soir à son domicile de Johannesburg.

Sa disparition prive le monde d’un des derniers grands leaders charismatiques et visionnaires. On se souviendra tout d’abord de l’homme qui a évité une guerre civile à son pays, en tendant la main aux anciens oppresseurs blancs, lesquels l’avaient pourtant maintenu en prison pendant vingt-sept ans, de 1963 à 1990. On se rappellera aussi qu’il est devenu, le 27 avril 1994, le premier président noir d’un pays qui fut longtemps le plus raciste du monde et que son «long combat pour la liberté » prouve que la résistance est toujours payante.

Comme tout un chacun, l’homme avait ses défauts et ses faiblesses, mais son destin exceptionnel incarne la force de l’espoir et la capacité de l’action politique à transformer une société. Deux vertus qui justifient la ferveur qu’il a suscitée de son vivant et le chagrin que provoque sa disparition.

Inspiré tout d’abord par la théorie de la non-violence de Gandhi, qui a vécu pendant vingt et un ans en Afrique du Sud, le jeune avocat, amateur de boxe, multiplie avec ses camarades de la Ligue de la jeunesse de l’ANC d’inspiration communiste (African National Congress), les actions de désobéissance civile. Quand l’ANC est interdite, Mandela renonce, en 1961, à la non-violence pour la lutte armée. Entré en clandestinité, il sera arrêté un an plus tard, jugé une première fois et condamné à cinq ans de prison. Puis un second procès vaudra à Nelson Mandela, qui échappera à la peine de mort, à être condamné à la prison à perpétuité avec ses dix compagnons. Tous sont envoyés à « Robben Island », un bagne situé sur une île au large de la ville du Cap. Mandela y passera les dix-huit premières années de sa captivité dans des conditions souvent très difficiles.

Mais son emprisonnement, loin de le condamner à l’oubli comme l’espérait le régime raciste, contribue à renforcer sa légende alors que la lutte contre l’apartheid s’intensifie, de façon de plus en plus violente. Devant la pression internationale, le Président de Klerc finit par donner l’ordre de libérer le prisonnier.

C’est ainsi que le 11 février 1990, les portes de la prison de « Pollsmore » s’ouvrent pour découvrir le visage méconnu de l’ancien prisonnier. Il apparaît souriant, le poing levé en signe de victoire, sa femme Winnie à ses côtés : une nouvelle ère s’ouvre enfin en Afrique du Sud.

J’ai eu l’immense privilège de croiser Nelson Mandela à l‘occasion d’une réception organisée à l’UNESCO quelques mois après sa libération. J’ai pu lui serrer la main et nos regards se sont croisés. Cet instant fugace fut pour moi un véritable électrochoc et un moment magique, pour moi qui était là, anonyme parmi les anonymes. Je me souviens que quand il rentré dans la pièce, le silence s’est fait devant cet homme modèle d'intégrité et de simplicité, qui a renversé des montagnes par la seule force de ses convictions. Nous qui doutons parfois de la nécessité de tenir bon face aux causes qu'il faut défendre, Mandela nous a transmis une leçon de vie.

JCC

France : décès du généticien humaniste Albert Jacquard

Son collier de barbe encadrant une gueule cabossée de philosophe antique et ses combats passionnés pour les sans-papiers et contre le racisme ont marqué les mémoires : le généticien Albert Jacquard est mort hier à l'âge de 87 ans.

Ils sont rares les hommes qui vous marquent durablement et profondément. Le professeur Albert Jacquard était de ceux-là. J’ai eu le privilège de le rencontrer à plusieurs reprises lors de combats communs et notamment à l’époque des sans-papiers du « Quai de la Gare » à Paris. Il est l’un de ceux qui est à l’origine de mon modeste engagement en faveur des enfants et de leurs droits.

Albert Jacquard était un homme profondément humaniste et il s’est activé toute sa vie pour, disait-il, « léguer un monde un peu meilleur à nos descendants ».

« Les races humaines n'existent pas », martelait-il, expliquant sans relâche pourquoi « l'inégalité » est un concept purement mathématique qui ne peut s'appliquer aux êtres vivants.

Pendant dix ans et jusqu’en 2010, il a tenu une chronique régulière sur France Culture, chronique qui dépassait en intelligence et en vérité « vraie » tous les commentaires que l’on entend à longueur de journée sur les radios et les télévisons.

Ses premiers livres, comme « Eloge de la différence : la génétique et l'homme » (1978) rencontrent un grand succès qui ne se démentira pas, même quand il dérivera vers la philosophie, la vulgarisation scientifique ou l'humanisme anti-libéral. Il a été prolifique en publiant plus d’une centaine de livres dont « Cinq milliards d’hommes dans un vaisseau », « Moi, je viens d’où ? », « Abécédaire de l’ambiguïté », « Voici le temps du monde fini », « Tous différents, tous pareils » et celui que je recommande à tous : « A toi qui n’es pas encore né(e) » sortit en 1998.

Le Professeur Jacquard sera même candidat aux législatives à Paris en 1986 sur une liste soutenue par divers mouvements de la gauche alternative, puis aux élections européennes de 1999 sur la liste écologiste conduite par Daniel Cohn-Bendit (en 84e position).

Dans les années 1990, Albert Jacquard va mettre sa verve médiatique au service d'une autre cause : les mal-logés et les sans-papiers. Occupation d'un immeuble rue du Dragon en 1994, de l'église Saint-Bernard en 1996... Son visage de vieux faune grec devient vite aussi familier que celui de l'Abbé Pierre, Mgr Gaillot ou Emmanuelle Béart, ses compagnons de lutte.

De lui, je retiendrai une phrase qu’il a écrite qui le résume bien et à laquelle je crois profondément : « je peux dire je, parce qu’un jour, quelqu’un m’a dit tu ».

JCC

Actualités des droits de l'enfant

Actualités des droits de l'enfant en France et dans le monde. Blog complémentaire du site internet www.droitsenfant.fr. Citation : A. de Saint-Exupéry

Hébergé par Overblog