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Actualités des droits de l'enfant

Articles avec #enfants soldats

Aujourd’hui, c’est la Journée mondiale de défense et de promotion des droits de l’enfant . dans le même temps nous  fêtons le 28ème anniversaire de la convention internationale des droits de l’enfant (CIDE). Elle a été adoptée à l’unanimité par l’Organisation des nations unies (ONU) le 20 novembre 1989. Elle garantit aux enfants du monde entier des droits. Mais, si ce texte est le traité ratifié par le plus grand nombre de pays (seuls les États-Unis manquent à l’appel), son application laisse encore à désirer en France et dans de nombreuses régions du monde.
Vingt-huit ans après, où en est-on ?
 
Santé, des progrès mais peut mieux faire
Les progrès les plus significatifs depuis 1989 ont été réalisés dans le domaine de la santé. Pour autant, ils restent relatifs : en 2015, 8,9 millions enfants (au lieu de 14 millions en 1989) mouraient encore avant leurs 15 ans. Si nombre de maladies virales comme la rougeole, le tétanos ou bien encore la polio ont pratiquement été éradiquées, puisque le taux de mortalité des enfants pour ces épidémies a baissé de presque 90 % en vingt-cinq ans, il n’en est pas de même pour le SIDA. 2 millions d’enfants de par le monde l’on contracté et 35 % d’entre eux en meurent avant leurs 10 ans. Près de 90% de ces enfants vivent en Afrique subsaharienne où les médicaments, pourtant de plus en plus efficaces, tardent à arriver.

Malnutrition et accès à l’eau potable : une situation dramatique
Le bilan, quoique meilleur qu’il y a vingt-huit ans, reste dramatique : 2,9 millions d’enfants meurent avant 5 ans parce qu’ils sont mal nourris. Dans les pays en voie de développement, plus d'un milliard d'habitants n'ont pas accès à l'eau salubre et près de 3 milliards de personnes (plus de la moitié de l'humanité) ne sont pas équipées de systèmes d'assainissement. Près de 3 millions d'enfants meurent chaque année de maladies dues au manque d'hygiène et douze millions d’entre eux meurent victimes de pneumonie, de diarrhée et autres maladies évitables. Pourtant de simples mesures d'hygiène, d’accès à l’eau potable, aux médicaments, d’alimentation suffisante ou d’allaitement maternel pourraient sauver de nombreuses vies.
 
Les enfants au travail
Un rapport de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) montre que la lutte contre le travail des enfants est en bonne voie, même si l’objectif d’en éliminer les pires formes cette année ne sera pas atteint. Les dernières estimations, publiées en 2015, montrent que l’essentiel des progrès a été accompli entre 2008 et 2014, quand le chiffre mondial a reculé de 215 à 168 millions. Cela reste un chiffre énorme. Plus de la moitié de ces 168 millions d’enfants qui travaillent dans le monde sont engagés dans des activités dangereuses, activités qui mettent directement en péril leur santé, leur sécurité et leur développement moral. Actuellement, le nombre d’enfants qui effectuent des travaux dangereux s’élève à 115 millions, contre 171 millions en 2000.

La région d'Asie-Pacifique continue à enregistrer les plus grands nombre d'enfants (presque 78 millions ou 9,3% de toute la population d'enfants), mais l'Afrique sub-saharienne continue à être la région avec la plus forte incidence de travail des enfants (59 millions, plus de 21%).

Il y a 13 millions (8,8%) d'enfants astreints au travail des enfants en Amérique latine et les Caraïbes, tandis qu'ils sont 9,2 millions (8,4%) dans la région du Moyen-Orient et l'Afrique du Nord.
 
L'agriculture continue à être de loin le secteur avec le plus grand nombre d'enfants astreints au travail (98 millions, ou 59%), mais le nombre d'enfants dans les services (54 millions) et l'industrie (12 millions) n'est nullement négligeable – principalement dans l'économie informelle.
Le travail des enfants chez les filles a diminué de 40% depuis 2000, alors que chez les garçons la diminution est de 25%.
 
 
Les enfants soldats
En 2016, la plupart des Etats ont signé les textes contre l’utilisation des enfants dans les conflits armés. Pourtant, il y aurait quelque 250 000 jeunes âgés de 6 à 18 ans mêlés à une trentaine de conflits dans le monde. Alors que depuis 2002, selon le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l'enfant, la participation de ces derniers aux conflits armés est interdite, les enfants continuent d’être utilisés dans les guerres.

Consommant moins de nourriture que les adultes, dociles et influençables, ils sont combattants, poseurs de mines, voire porteurs, messagers, espions, cuisiniers, esclaves sexuels, etc. Si la majorité d’entre eux s’enrôlent pour fuir la maltraitance ou la pauvreté, beaucoup sont recrutés de force ou kidnappés. Les garçons forment le gros des troupes, mais ils ne sont pas les seules victimes. Les filles se battent comme eux et représenteraient presque la moitié des enfants soldats dans le monde.

Certaines s’engagent volontairement pour échapper à un esclavage domestique ou un mariage forcé. Enfants soldats, elles sont souvent victimes de viol, de traite, d’exploitation et de mutilations sexuelles, avec des risques de grossesses non désirées, des conditions d’accouchement tragiques et une exposition aux MST (maladies sexuellement transmissibles) dont le Sida.

Surtout destinés aux adultes, les programmes DDR (Désarmement, Démobilisation, Réintégration) des Nations unies, visant à reconstruire la paix et la stabilité, ainsi que le développement à long terme des sociétés après les conflits, ont tout de même permis de démobiliser plus de 100 000 enfants dans plus de 15 pays.

Les enfants face à la guerre et au terrorisme
Les conflits armés qui ensanglantent le monde ces dernières décennies n’ont jamais fait autant de victimes civiles puisqu’elles représenteraient actuellement 90 % des tués. Et parmi elles, la moitié serait des enfants. Enfants soldats ou pas, l’impact des guerres sur les plus petits est dès lors considérable. En une décennie, plus de deux millions d’enfants ont été tués, au moins six millions ont été blessés dont une grande partie souffre d’invalidité permanente.

Les impacts psychologiques sont également dramatiques. Les petits qui se retrouvent face à la décomposition de leur vie sociale, au stress, à la guerre, à la mort de leurs parents, aux viols de leurs sœurs ou de leur mère, demeurent psychologiquement traumatisés à vie.

Pour les enfants parvenant à échapper à la guerre, leur sort reste malgré tout peu enviable. Ils seraient quelque vingt millions réfugiés dans les Etats voisins ou déplacés dans leur propre pays. Pire, sur les dix dernières années, plus d’un million sont devenus orphelins ou ont été séparés de leur famille.

En Syrie, les violences à l'encontre des enfants ont atteint leur pire niveau au cours de l'année 2016. Dans le pays, où la guerre sévit depuis six ans, plus de 650 enfants ont été tués au cours de la dernière écoulée. Cela représente une augmentation de 20 % par rapport à l'année 2015. Parmi ces enfants tués, 255 l'ont été dans ou à proximité d'une école, ce qui prouve qu'ils sont délibérément visés.

Enfin, des milliers d’enfants sont victimes des attentats terroristes qui frappent partout dans le monde.  Ils en sont directement victimes, tués ou blessés, ou bien ils se retrouvent orphelins ou enfin sont embrigadés pour commettre eux-mêmes ces attentats.
 
 
L’exploitation sexuelle des enfants
Pour le bon plaisir d'adultes sans scrupules plusieurs millions d'enfants et d'adolescents sont prostitués ou exploités sexuellement à travers le monde. C'est avant tout un drame de pauvres. Même si l'on rencontre sur tous les continents des pédophiles, la très grande majorité des enfants prostitués et exploités sexuellement se trouvent dans les pays du tiers monde ou dans les catégories sociales très défavorisées des pays riches.

La majorité de ces jeunes a entre 12 et 18 ans, mais certains ont à peine 8 ans et même des bébés sont parfois impliqués. Là aussi, de réels progrès ont été réalisés grâce notamment à un renforcement de l’arsenal répressif, d’une réelle prise de conscience des populations et des campagnes d’information en direction des enfants.

L’Education,  un levier majeur
Entre tous, l’éducation joue un rôle crucial. Car, même au milieu du chaos, elle peut restaurer un certain degré de stabilité et de normalité pour les enfants. Une amélioration sensible a été opérée depuis 20 ans et le nombre d’enfants non scolarisés est passé de 115 millions à 93 millions.

L’écart entre le nombre de filles scolarisées et les garçons s’est considérablement réduit. Une amélioration qu’il faut cependant relativiser par le taux d’achèvement des études qui reste très insuffisant. L’éducation offre une occasion unique de transmettre aux enfants des messages de survie sur des questions aussi vitales que la prévention du sida et la sensibilisation aux dangers qui les menacent. L’éducation peut aussi permettre de semer la paix et la justice partout dans le monde.

La situation en France
La France est un des pays au monde qui respecte le mieux la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (le Canada et la Suède font figure de meilleurs « élèves »). Il existe toutefois de graves problèmes : la pauvreté, qui touche 3 millions d’enfants, avec ses conséquences désastreuses sur la scolarité, l’accès à la santé et au logement ; la discrimination qui pénalise les jeunes des banlieues issus de l’immigration ou d’Outre-mer ; la situation des mineurs étrangers isolés qui sont retenus dans les zones d’attente des aéroports ou qui errent dans les rues et dans des camps de fortune sans bénéficier d’assistance ; le recours excessif aux mesures répressives, par défaut de structures alternatives à l’incarcération des mineurs ; la situation dramatique des enfants Roms et des gens du voyage qui perdure ; la difficulté d’intégration scolaire des élèves handicapés, le harcèlement et le racket à l’école, le suicide des enfants et des jeunes ; la discrimination dans les cantines scolaires, les 30 000 enfants qui sont sans domicile fixe, les dérives sectaires de certains mineurs perdus dans le « djihad », le droit aux origines des enfants nés sous X, les difficultés de prise en charge des enfants par l’aide sociale à l’enfance, etc…

Dans son dernier rapport, publié aujourd’hui, le Défenseur des Droits, Jacques Toubon alerte sur les situations alarmantes de certains enfants vulnérables en France. Elles appellent, selon lui, « des réactions urgentes » des pouvoirs publics.

Il s’inquiète tout d’abord des récentes annonces du gouvernement sur la prise en charge des mineurs non accompagnés (MNA), ces jeunes migrants arrivant sans famille en France. Le gouvernement a récemment annoncé sa volonté de confier à l’Etat l’accueil d’urgence et l’évaluation de l’âge de ces jeunes « jusqu’à ce que leur minorité soit confirmée », mission qui relève actuellement des départements, chargés de la protection de l’enfance. Ce « transfert de compétences » fait craindre au Défenseur que s’installe « un dispositif dérogatoire au droit commun, qui tendrait à considérer ces jeunes d’abord comme des étrangers, avant d’être des enfants à protéger ».
 
Il se préoccupe également de la situation d’enfants vivant dans des bidonvilles, notamment ceux issus de la minorité Roms, dont les familles font fréquemment l’objet de procédures d’expulsion.

Concernant les familles en situation de précarité, le Défenseur des droits regrette le recours croissant à l’hébergement à l’hôtel, solution « inadaptée à l’accueil d’enfants ». Deux ans après son lancement, un plan gouvernemental de réduction des nuitées hôtelières n’est « pas suffisamment développé ».

Le Défenseur des droits se montre prudent concernant le projet du gouvernement de fixer un âge au-dessous duquel un mineur ne pourra être considéré comme consentant à un acte sexuel. Soulignant la « complexité » de cette question, il recommande de réaliser une étude afin d’évaluer « les impacts sur l’ensemble des droits de l’enfant ». Il s’interroge notamment sur les conséquences pour le mineur de l’ouverture d’une procédure criminelle pour viol. (voir article précédent).
 
Le rapport souligne enfin le rôle de l’école pour lutter contre les comportements sexistes, regrettant que les séances d’éducation à la sexualité prévues par la loi ne soient pas systématiquement organisées
 
 
Les droits de l'enfant, une ardente obligation pour l'avenir de nos sociétés
24 % des jeunes de 13 à 18 ans, à peine un sur quatre, ont déjà entendu parler de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE). Ainsi, on parle de moins en moins de droits de l’enfant, sauf quand l’actualité les ramène sur le devant de la scène (pédophilie, maltraitance…), et parfois à tort et à travers (mariage pour tous, « Djihad »).
 
En permanence de nouvelles tentatives ont lieu visant à lier droits des enfants avec ses devoirs avec l’idée que « l’enfant aura des droits lorsqu’il respectera ses devoirs ». Pourtant la convention internationale des droits de l’enfant dit exactement le contraire et a reconnu l’enfant comme un être humain à part entière qui n’appartient à personne que la société doit protéger.
En effet, comment un enfant peut-il respecter une règle, une loi venant d’un groupe, d’un Etat qui ne le respecte pas voire qu’il le dénie totalement ou qui l’exploite honteusement ? C’est pourquoi, en ces temps compliqués, il est plus que jamais nécessaire de mieux promouvoir les droits de l’enfant et la Convention Internationale auprès des enfants eux-mêmes.
 
Ce n’est pas une question mineure, car garantir à l’enfant le droit à la santé, à un nom, à une nationalité, à l’éducation, aux loisirs, à la culture, passe par le fait que ces droits soient aussi accordés à leurs parents.

JCC

Pour la Mission de l'ONU (Monusco) en République Démocratique du Congo (RDC),  le sort des enfants victimes du conflit armé dans ce pays reste une préoccupation permanente. Elle a en effet recensé 62 cas de violations graves des droits des enfants dont des viols sur mineures par des miliciens dans l'est et le centre de la RDC.

Il s'agit aussi de 25 cas d'enlèvements d'enfants et de 16 cas de recrutement et d'utilisation d'enfants par les groupes armés par la milice « Kamwina Nsapu » dans la région du Kasaï.Par ailleurs la Monusco a décompté un total de 19 cas de viol et violences sexuelles perpétrés sur des filles mineures ont été répertoriés.

L'ONU dénonce régulièrement les violations des droits des enfants en RDC surtout dans l'est du pays, déchiré par des conflits armés depuis plus de vingt ans.

Depuis septembre 2016, la région du Kasaï (centre) est secouée par la rébellion de  Kamwina Nsapu , chef traditionnel tué en août lors d'une opération militaire après s'être révolté contre les autorités de Kinshasa.

Les violences qui impliquent miliciens, soldats et policiers ont fait plusieurs centaines des morts - dont deux enquêteurs onusiens en mars - et causé le déplacement de 1,3 million de personnes.
L'ONU accuse les rebelles Kamwina Nsapu d'enrôler des enfants-soldats et d'avoir commis des atrocités, tout en dénonçant également l'usage disproportionné de la force par l'armée congolaise.

Début juin, l'UNICEF avait indiqué que plus de 150.000 enfants sont privés ou ont un accès réduit à l’école en raison de ces violences au Kasaï.

JCC

(Sources : Monusco et UNICEF)

L’auteur du livre  « Les Bienveillantes » (prix Goncourt 2006) Jonathan Littell sort son premier film en tant que réalisateur.  L’écrivain, qui a passé plusieurs années dans l’humanitaire, s’intéresse au devenir des enfants enlevés en Ouganda à partir de 1989 par « l’Armée de résistance du Seigneur » pour être enrôlé comme soldats.

« Wrong Elements » suit trois de ces anciens enfants forcés à servir les intérêts du groupe armé dirigé par Joseph Kony. Revenant sur les lieux qui ont accueilli leur engagement forcé, ils se souviennent et travaillent la mémoire de cette période où eux-mêmes ont tués des civils.
Tel un grand reporter, Jonathan Littell rappelle les faits, interroge, filme les témoignages, avec la distance nécessaire. Il égrène au fil des séquences références historiques et images d'archives. Sans en abuser et sans porter de jugement.

Un film coup de poing qui ne porte aucun jugement sur ces jeunes qui sont à la fois bourreaux et victimes. A voir absolument.

« Wrong Elements » (Mauvais Eléments) de Jonathan Litell sortira en salle le mercredi 22 mars.

JCC
 

Meurtres, mutilations et recrutements d'enfants ont augmenté significativement en 2016 en Syrie dans un contexte d'escalade de la violence. Selon l’UNICEF, au moins 652 enfants ont été tués l'an dernier soit 20% de plus qu’en 2015.  255 d’entre eux ont été tués dans ou à proximité d'une école.

Par ailleurs, plus de 850 enfants ont été recrutés pour combattre dans le conflit, soit plus du double du nombre enregistré en 2015. Les enfants sont utilisés et recrutés pour se battre directement sur les lignes de front et assument des rôles de plus en plus liés aux combats, y compris, dans des cas extrêmes, ceux de bourreaux, kamikazes ou gardiens de prisons.

2,8 millions d'enfants vivent dans ces zones peu accessibles, dont 280.000 en zone assiégée, pratiquement coupés de l'aide humanitaire. Un tel contexte empêche de fournir rapidement une assistance humanitaire aux enfants. En plus des bombes, des balles et des explosions, des enfants meurent chaque jour de maladies qui pourraient être facilement évitées.

Après six ans de guerre, près de 6 millions d'enfants dépendent de l'aide humanitaire. Plus de 2,3 millions sont réfugiés en Turquie, au Liban, en Jordanie, en Égypte et en Irak.

Ainsi, le degré de souffrance est sans précédent dans cette région du monde. La vie des enfants est complètement bouleversée et totalement sacrifiée dans un silence assourdissant.

JCC

(Source : UNICEF)

Monde : 16 juin, journée mondiale de l’enfant africain

Le 16 juin, les coalitions africaines de l'action mondiale contre la pauvreté organisent des actions simultanées pour la Journée de l’Enfant Africain.

Cette Journée de l’Enfant Africain est un événement annuel qui commémore le massacre des enfants de Soweto de 1976 par le régime de l’apartheid. Les coalitions de l’action mondiale contre la pauvreté ont choisi cette occasion pour en faire la Journée Africaine du Bandeau Blanc et pour faire une demande régionale auprès des dirigeants des pays concernés afin qu'ils agissent immédiatement pour éradiquer la pauvreté extrême qui cause la mort d'un enfant toutes les 3 secondes en moyenne.

Le thème 2016 de la journée mondiale de l’enfant africain est : « conflits et crises en Afrique : protégeons les droits de tous les enfants ». Le Comité Africain d'Experts sur les Droits et le Bien-être de l'Enfant (CAEDBE) a adopté ce thème lors de sa 25ème session ordinaire tenue en Avril 2015.

En 2015, le CAEDBE avait commandé une étude continentale sur l'impact des conflits armés sur les enfants en Afrique dans le cadre de ses efforts pour renforcer ses actions sur la protection de l'enfance en situation de conflits en Afrique, ainsi que la garantie de la protection et de la préservation de la vie et du bien-être être des enfants africains.

Plusieurs actions simultanées se dérouleront aujourd’hui dans différents pays africains, comme en Afrique du Sud où des enfants et des adultes viendront à Soweto pour exiger des dirigeants africains l’aide aux orphelins et aux enfants vulnérables.

En République Démocratique du Congo, un atelier regroupant des travailleurs sociaux encadreront les enfants de rue .

Au Kenya, il est prévu des manifestations impliquant près de 5.000 enfants tandis qu’au Sénégal, une réunion de lobbying avec le Président sénégalais et des célébrités telles que Youssou Ndour, Coumba Gawlo, etc… marquera cette journée à laquelle sont conviées les enfants…

JCC

(Source : CAEDBE)

Arabie saoudite : le pays ne sera pas sur la liste des pays violant les droits des enfants

Vingt organisations de défense des droits de l'homme ont appelé l'ONU à remettre la coalition militaire menée par l'Arabie saoudite sur sa liste noire des pays violant les droits des enfants.

En effet, dans son rapport annuel, qui détaille le sort des enfants victimes de conflits armés en 2015 dans 14 pays, l'ONU avait accusé la coalition d'être responsable à 60 % du bilan de 785 enfants tués et 1 168 mineurs blessés en 2015 au Yémen. « Dans plusieurs situations de conflit, des opérations aériennes ont contribué à créer un environnement complexe où de nombreux enfants ont été tués et blessés » indiquait l'ONU.

Mais la pression exercée par Riyad (capitale Arabie saoudite) a eu raison de l'ONU, qui a retiré la coalition militaire pilotée par l’Arabie saoudite au Yémen de la liste noire de pays et organisations qui tuent des enfants dans les conflits.

Voici la liste des pays dans laquelle la coalition dirigée par l’Arabie Saoudite au Yémen a été enlevée :

Parties en Afghanistan

1. Police nationale afghane, y compris la police locale afghane

2. Réseau Haqqani,

3. Hezb-i-Islami, dirigé par Gulbuddin Hekmatyar,

4. Taliban, y compris le Front Tora Bora, la Jama’at al-Da’wa ila al-Qur’an walSunna et le réseau Latif Mansur,

Parties en République centrafricaine

1. Ex-Séléka et groupes armés associés

2. Milices de défense locale connues sous le nom d’anti-balaka

3. Armée de résistance du Seigneur

Parties en République démocratique du Congo

1. Forces démocratiques alliées,

2. Forces armées de la République démocratique du Congo,

3. Forces démocratiques de libération du Rwanda

4. Forces de résistance patriotiques en Ituri,

5. Armée de résistance du Seigneur

6. Alliance maï-maï des patriotes pour un Congo libre et souverain « Colonel

Janvier »

7. Union des patriotes congolais pour la paix (UPCP), aussi connue sous le nom de Maï Maï « Lafontaine »

8. Maï-Maï Simba,

9. Maï-Maï Kata Katangaa10. Nduma Defence of Congo/Chek,

11. Maï-Maï Nyatur

12. Raïa Mutomboki

Parties en Iraq,

État islamique d’Iraq et du Levant,

Parties au Mali

1. Mouvement national pour la libération de l’Azawad,

2. Mouvement pour l’unification et le jihad en Afrique de l’Ouest,

3. Ansar Eddine,

Parties au Myanmar (Birmanie)

1. Democratic Karen Benevolent Army,

2. Armée de l’indépendance kachin,

3. Armée de libération nationale karen,

4. Conseil pour la paix de l’Armée de libération nationale karen,

5. Armée karenni,

6. Armée du Sud de l’État Shan,

7. Tatmadaw Kyi, notamment les unités intégrées de gardes-frontière,

8. Armée unifiée de l’État wa,

Parties en Somalie

1. Chabab,

2. Ahl al-Sunna wal-Jama’a (ASWJ),

3. Armée nationale somalienne,

Parties au Soudan du Sud

1. Armée populaire de libération du Soudan,

2. Mouvement/Armée populaire de libération du Soudan dans l’opposition,

3. Armée blanche,

Parties au Soudan

1. Forces de sécurité gouvernementales, y compris les Forces armées soudanaises, les Forces de défense populaires et les Forces de police soudanaises,

2. Mouvement pour la justice et l’égalité,

3. Milices progouvernementales,

4. Armée de libération du Soudan – faction Abdul Wahid,

5. Armée de libération du Soudan – faction Minni Minawi,

6. Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord,

Parties en République arabe syrienne

1. Ahrar el-Cham,

2. Armée syrienne libre et groupes affiliés,

3. Forces gouvernementales, y compris les forces de défense nationale et les milices chabbih,

4. État islamique d’Iraq et du Levant,

5. Front el-Nosra,

6. Unités de protection populaire,

Parties au Yémen

1. Mouvement houthiste Ansar Allah,

2. Al-Qaida dans la péninsule arabique/Ansar el-Charia,

3. Forces gouvernementales, y compris les Forces armées yéménites, la première division blindée, la police militaire, les forces de sécurité spéciales et la Garde républicaine,

4. Milices progouvernementales, y compris les salafistes et les comités populaires,

Parties en Colombie

1. Armée nationale de libération

2. Forces armées révolutionnaires de Colombie – Armée populaire

Parties au Nigéria

1. Force spéciale mixte civile

2. Jamaatou Ahl es-Sunna lid-Daawaati wal-Jihad également connu sous le nom

de Boko Haram,

Parties aux Philippines

1. Groupe Abu Sayyaf,

2. Combattants islamiques pour la liberté des Bangsamoro,

3. Front de libération islamique Moro,

4. Nouvelle armée populaire.

JCC

(Source : ONU et HRW)

Voir le rapport initial

Tchad, Nigéria : Les enfants sont de plus en plus impliqués dans les attentats-suicides

Dans un rapport intitulé « Au-delà de Chibok » et publié près de deux ans jour pour jour après l’enlèvement de 276 lycéennes par l’organisation terroriste « Boko Haram », l’UNICEF pointe la situation dramatique de milliers d’enfants parfois très jeunes, victimes d’enlèvements, de sévices sexuels et de mariages forcés et utilisés, par cette organisation terroriste, comme bombes humaines ou pour transporter des explosifs.

De l’enlèvement pur et simple aux alliances forcées avec les villages sous leur contrôle, tous les moyens sont bons pour « Boko Haram » afin d’enrôler ces enfants contre leur gré. Les combattants du groupe terroriste profitent entre autres des déplacements de populations importants ( 1,3 million d’enfants déplacés depuis 2014) qu’ils ont eux-mêmes provoqués.

Ils privilégient notamment les attaques-surprises sur les villages, des occasions idéales pour disperser les groupes et enlever les enfants. Ils représentent une ressource pour les terroristes, qui les emploient par la suite comme des armes de guerre.

Le fait que des enfants soient impliqués dans des conflits en Afrique n’est pas nouveau, indique l’UNICEF dans ce rapport, mais leur utilisation systématique dans des attentats à la bombe est quelque chose d’assez récent. Ainsi, entre 2014 et 2015, le nombre d’enfants utilisés dans des attentats-suicides a été multiplié par 10 passant de 4 à 44.

JCC

(Source : UNICEF)

Voir le rapport (en langue anglaise)

France : un documentaire consacré aux enfants soldats

« Wrong Elements » est un film consacré aux enfants soldats de « l’Armée de la résistance du Seigneur » (LRA) formée par Joseph Kony à la fin des années 80, en Ouganda. Il suit quatre d’entre eux, retrouvés vingt-cinq ans plus tard, pour poser avec force la question de la responsabilité individuelle face au mal. Son réalisateur est le Franco-Américain Jonathan Littell. Il est notamment l’auteur des « Bienveillantes », prix Goncourt 2006.

Plutôt que de faire parler les survivants un par un devant sa caméra, le réalisateur a choisi de les faire, le plus souvent possible, discuter entre eux. Ils racontent les viols, la perte d’êtres chers, les tueries sans que jamais ces anciens enfants-soldats ne perdent leur humanité, car le documentaire est une ode à la vie en refaisant avec eux les chemins de leur passé.

Le documentaire, qui avait été présenté au Festival de Cannes dans le cadre de la « Caméra d’Or », devrait sortir prochainement au cinéma.

JCC

Colombie : vers la démobilisation des enfants-soldats

Le gouvernement colombien et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ont annoncé le 15 mai, à La Havane (Cuba), un accord afin que les mineurs de moins de 15 ans puissent quitter la guérilla marxiste. Par ailleurs les forces armées révolutionnaires se sont engagées à élaborer une feuille de route pour démobiliser progressivement les enfants de moins de 18 ans. L’accord comprend un programme spécial afin d’apporter une attention particulière aux jeunes qui seront démobilisés pour assurer leur transition vers la vie civile.

Cette initiative fait partie des mesures visant à mettre fin au conflit armé colombien, elle a été précédée par l’annonce en février dernier des FARC de ne plus recruter de mineurs de moins de 18 ans, ce un an après leur engagement de ne plus accepter dans leurs rangs des jeunes de moins de 17 ans.

L’organisation des FARC, qui n’a pas révélé le nombre d’enfants enrôlés dans leurs rangs, au sein de laquelle on dénombre encore 7 000 combattants. Les FARC ont cependant indiqué vouloir libérer un premier groupe de « 21 individus de moins de 15 ans ».

Ce conflit complexe a impliqué au fil des décennies guérillas d'extrême-gauche, milices paramilitaires d'extrême-droite et forces armées, sur fond de violences des narco-trafiquants faisant au moins 260.000 morts, 45.000 disparus et 6,8 millions de déplacés.

JCC

(Source : actu-latino)

Monde : journée mondiale de lutte contre l’utilisation des enfants-soldats

Ce 12 février est la journée internationale des enfants soldat. En 2016, la plupart des Etats ont signé les textes contre l’utilisation des enfants dans les conflits armés. Pourtant, il y a 250 000 jeunes âgés de 6 à 18 ans mêlés à une trentaine de conflits dans le monde. Alors que depuis 2002, selon le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l'enfant, la participation de ces derniers aux conflits armés est interdite, les enfants continuent ainsi d’être utilisés dans les guerres.

Dociles et influençables, ils sont combattants, poseurs de mines, voire porteurs, messagers, espions, cuisiniers, esclaves sexuels. Si la majorité d’entre eux s’enrôlent pour fuir la maltraitance ou la pauvreté, beaucoup sont recrutés de force ou kidnappés. Les garçons forment le gros des troupes, mais ils ne sont pas les seules victimes. Les filles se battent comme eux et représenteraient presque la moitié des enfants soldats dans le monde.

L'ONU a recensé de graves violations commises à l'encontre d'enfants dans 20 pays : en Afghanistan, au Burundi, en Colombie, en Côte d'Ivoire, en République centrafricaine, en République démocratique du Congo, en Géorgie, en Haïti, en Iraq, au Liban, au Myanmar, au Népal, en Ouganda aux Philippines, en Somalie, au Soudan, au Sri Lanka, au Tchad, en Thaïlande et dans le Territoire palestinien occupé par Israël. En outre, 56 parties, États et autres, se sont rendus coupables d'abus graves contre des enfants.

Aujourd'hui, dans 20 situations préoccupantes dans le monde, des enfants sont brutalisés et utilisés de manière cynique. On évalue à plus de 2 millions le nombre d'enfants tués dans des situations de conflit armé; à plus de 6 millions les enfants rendus handicapés à vie. Plus de 250 000 d'entre eux continuent d'être exploités en tant qu'enfants soldats. La guerre fait de plus en plus de victimes parmi les femmes et les enfants et la disproportion du nombre de décès parmi des civils n'a jamais été aussi élevé.

Ainsi, les impacts psychologiques sont dramatiques. Les petits qui se retrouvent face à la décomposition de leur vie sociale, au stress, à la guerre, à la mort de leurs parents, aux viols de leurs sœurs ou de leur mère, demeurent psychologiquement traumatisés à vie.

Pour les enfants parvenant à échapper à la guerre, leur sort reste malgré tout peu enviable. Ils seraient quelque vingt millions réfugiés dans les Etats voisins ou déplacés dans leur propre pays. Pire, sur les dix dernières années, plus d’un million sont devenus orphelins ou ont été séparés de leur famille.

En revanche, des progrès ont été enregistrés en ce qui concerne le développement de plans d'action pour libérer des enfants soldats au Burundi, en République centrafricaine, en Côte d'Ivoire, en République démocratique du Congo et en Ouganda.

Cependant trop d'enfants souffrent encore dans le monde.

JCC

Voir la page consacrée à ce sujet sur www.droitsenfant.fr

Actualités des droits de l'enfant

Actualités des droits de l'enfant en France et dans le monde. Blog complémentaire du site internet www.droitsenfant.fr. Citation : A. de Saint-Exupéry

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