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Actualités des droits de l'enfant

On le sait peu, mais ce sont les départements qui sont chargés de prendre en charge les mineurs étrangers isolés, et plus généralement les mineurs non accompagnés, au titre de l’aide à l’enfance. Ils  continuent d’être pris en charge après leur majorité jusqu’à ce qu’ils acquièrent leur autonomie.

Après la Seine-Saint-Denis, il  y a quelques mois, c’est au tour du Président du département de l’Essonne de s’alarmer de la situation de ces jeunes.

En Essonne, la plupart d’entre eux viennent du Mali, de la République Démocratique du Congo, de Côte d’Ivoire, de Guinée ou d’Afghanistan. Leur nombre ne cesse d’augmenter selon le département de l’Essonne. 270 jeunes migrants avaient été accueillis en 2013, dont 105 jeunes majeurs. En 2015, ce nombre est passé à 384, dont 221 jeunes majeurs. Soit une progression globale de 42 % en deux ans seulement.

L’accueil d’un mineur coûte au département en moyenne 60 000 € par an, somme qui comprend le salaire des éducateurs, le fonctionnement de la structure d’accueil (eau, électricité), les vêtements, la nourriture, la scolarité... Pour un jeune majeur, c’est 30 000 €. Au total, le budget est ainsi passé en Essonne de 13 M€ en 2013 à 18 M€ en 2015, ce qui représente plus de 15 % du budget de l’aide à l’enfance.

Pour le Président du département (LR) cette « hausse continue est le résultat de la politique migratoire du gouvernement » . Il considère donc que « ce n’est pas forcément aux départements d’en assumer les conséquences. »

Des mineurs étrangers sans représentant légal sont présents dans la plupart des départements urbains français. Tout comme les adultes, une grande partie de ces jeunes a fui les conflits et les persécutions dont ils étaient victimes dans leur pays d’origine : enrôlement des mineurs, trafic d’enfants pour prostitution, exploitation sexuelle, mutilation génitale des filles, travail des enfants… nombreuses sont les raisons qui poussent ces enfants sur les routes de l’exil, en quête de d’asile et de protection…

C’est pourquoi il faut absolument que le mineur étranger isolé bénéficie du dispositif de protection de l'enfance. Aborder l’accueil des mineurs isolés essentiellement sous l’angle financier est tout bonnement scandaleux alors qu’il s’agit ici de détresse humaine et de restauration d’un minimum de dignité pour ces jeunes.

JCC

(Source : Le Parisien)

C’est un projet de loi sur la résidence alternée des enfants en cas de séparation des parents qui suscite un vif débat. La garde alternée, qui était jusqu'à présent une possibilité en cas de séparation des parents, deviendrait un principe de base. Le texte a été voté mercredi  dernier en commission de l'Assemblée nationale.

Il précise que « la résidence de l'enfant est fixée au domicile de chacun des parents selon les modalités de fréquence et de durée déterminées par accord entre les parents ou par le juge ».
Il prévoit en outre que le juge peut déroger au principe de la résidence alternée « à titre exceptionnel ». Dans ce cas, le juge « statue sur les modalités du droit de visite de l'autre parent. Ce droit de visite, lorsque l'intérêt de l'enfant le commande, peut, par décision spécialement motivée, être exercé dans un espace de rencontre désigné par le juge ».

Enfin, la résidence alternée pourra être imposée si l'un des parents la demande mais si un des parents ne veut pas que la résidence soit fixée chez lui on ne pourra pas le lui imposer, car, certains parents, particulièrement des pères, ne désirent pas que la résidence soit fixée chez eux. En effet, selon les statistiques émanant du gouvernement, seuls 18,8% des hommes la réclament.

Toute la question est donc de savoir si ce principe théoriquement égalitaire ne contrevient pas aux intérêts fondamentaux de l'enfant.

Ce sont d’abord les associations de défense des mères qui s’inquiètent de ce texte. Pour elles, il pourrait même s'avérer dangereux car certains pères réclament la résidence alternée afin de payer moins de pension alimentaire.

Elles craignent en outre, que dans les couples dans lesquels la mère est victime de violences conjugales, cette question  ne soit pas prise en compte pour fixer la résidence des enfants. En effet, la proposition de loi ne comporte aucune restriction en ce qui concerne les violences conjugales ou bien sur enfants.

Les défenseurs des enfants ont exactement la même préoccupation puisqu’ils craignent que les enfants se trouvent en prise directe avec l'agresseur durant les droits de visite et d'hébergement.

De leur côté, les professionnels de l'enfance (pédopsychiatres, psychologues, psychiatres), réunis au sein du Collectif scientifique sur les dangers de la résidence alternée chez les jeunes enfants, ont également écrit aux députés pour s'opposer au texte. Ils demandent qu'aucune décision de résidence alternée ne soit imposée judiciairement avant l'âge de six ans, comme ils l’avaient déjà fait par le passé.

Enfin, les associations de pères estiment que le gouvernement devrait aller encore plus loin dans sa logique égalitariste.

On le voit, la résidence alternée, pour satisfaisante qu'elle soit dans son principe, lorsqu'elle est choisie dans le cadre d'un consensus parental et adaptée à l'âge et à l'autonomie des enfants, ne peut constituer une solution généralisable à toutes les situations.

Les députés débattront de ce projet de loi le 30 novembre prochain. S'il est adopté, et après son passage au Sénat (navette parlementaire), il devrait entrer  en vigueur en 2019.

JCC

C’est à  l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination des violences faites aux femmes, que le président Emmanuel Macron a détaillé les mesures du plan d'action destinées à renforcer l'égalité entre les hommes et les femmes.

Pour parvenir à faire changer les choses, le plan place en priorité l'éducation et le combat culturel en faveur de l'égalité. Dans cet article, je m’attacherais donc à détailler les mesures destinées à faire évoluer les mentalités dès l’enfance et celles visant à protéger les enfants.

1) L’âge du consentement minimum à un acte sexuel, inexistant en France à l'heure actuelle est prévu à 15ans. Il serait ainsi aligné sur celui de la majorité sexuelle. Pour rappel, la majorité sexuelle est l'âge au-dessous duquel une personne civilement mineure ne peut se livrer à une activité sexuelle avec une personne civilement majeure sans que celle-ci commette une infraction pénale. Par ailleurs, la majorité sexuelle n’interdit pas à deux mineurs d’avoir des relations sexuelles entre eux, à partir du moment où il y a consentement mutuel. En revanche, le consentement sexuel est le fait d'accepter de son plein gré, sans contrainte ni menace, de se livrer à une activité sexuelle.

2) Le délai de prescription des crimes sexuels sur les mineurs serait allongé. Ainsi, les victimes d’agressions sexuelles durant leur enfance pourraient déposer plainte jusqu'à 30 ans après leur majorité contre 20 ans actuellement.

3) Concernant la pornographie sur Internet, les pouvoirs du CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) seront étendus aux contenus numériques comme les jeux vidéo ou sur internet pour lutter contre la pornographie accessible aux enfants et autres contenus pouvant conduire à la violence contre les femmes.

4) Sans plus de précisions pour l’instant, des modifications législatives sont attendues dès 2018 pour lutter contre le cyber-harcèlement  et poursuivre ceux qui agissent sur internet pour harceler.

5) En matière d’éducation, création d'un module d'enseignement, consacré à la lutte contre le sexisme et le harcèlement dans toutes les écoles.

6) Pour les crèches,  les professionnels de la petite enfance seront formés pour lutter contre les représentations sexistes dès le plus jeune âge.

7) Concernant l’excision, le gouvernement promet, pour les femmes françaises qui subissent l'excision, de « traquer partout ceux pratiquent cette barbarie ». Il souhaite porter « une attention toute particulière pour les femmes migrantes qui fuient leur pays car elles cherchent aussi à fuir l'excision pour elles-mêmes et leurs petites filles ».

Même si ces mesures séduisent, il ne suffit pas d'un discours pour faire changer les choses. La question qui se pose maintenant est : quels moyens pour les mettre en œuvre ?

JCC

 

Aujourd’hui, c’est la Journée mondiale de défense et de promotion des droits de l’enfant . dans le même temps nous  fêtons le 28ème anniversaire de la convention internationale des droits de l’enfant (CIDE). Elle a été adoptée à l’unanimité par l’Organisation des nations unies (ONU) le 20 novembre 1989. Elle garantit aux enfants du monde entier des droits. Mais, si ce texte est le traité ratifié par le plus grand nombre de pays (seuls les États-Unis manquent à l’appel), son application laisse encore à désirer en France et dans de nombreuses régions du monde.
Vingt-huit ans après, où en est-on ?
 
Santé, des progrès mais peut mieux faire
Les progrès les plus significatifs depuis 1989 ont été réalisés dans le domaine de la santé. Pour autant, ils restent relatifs : en 2015, 8,9 millions enfants (au lieu de 14 millions en 1989) mouraient encore avant leurs 15 ans. Si nombre de maladies virales comme la rougeole, le tétanos ou bien encore la polio ont pratiquement été éradiquées, puisque le taux de mortalité des enfants pour ces épidémies a baissé de presque 90 % en vingt-cinq ans, il n’en est pas de même pour le SIDA. 2 millions d’enfants de par le monde l’on contracté et 35 % d’entre eux en meurent avant leurs 10 ans. Près de 90% de ces enfants vivent en Afrique subsaharienne où les médicaments, pourtant de plus en plus efficaces, tardent à arriver.

Malnutrition et accès à l’eau potable : une situation dramatique
Le bilan, quoique meilleur qu’il y a vingt-huit ans, reste dramatique : 2,9 millions d’enfants meurent avant 5 ans parce qu’ils sont mal nourris. Dans les pays en voie de développement, plus d'un milliard d'habitants n'ont pas accès à l'eau salubre et près de 3 milliards de personnes (plus de la moitié de l'humanité) ne sont pas équipées de systèmes d'assainissement. Près de 3 millions d'enfants meurent chaque année de maladies dues au manque d'hygiène et douze millions d’entre eux meurent victimes de pneumonie, de diarrhée et autres maladies évitables. Pourtant de simples mesures d'hygiène, d’accès à l’eau potable, aux médicaments, d’alimentation suffisante ou d’allaitement maternel pourraient sauver de nombreuses vies.
 
Les enfants au travail
Un rapport de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) montre que la lutte contre le travail des enfants est en bonne voie, même si l’objectif d’en éliminer les pires formes cette année ne sera pas atteint. Les dernières estimations, publiées en 2015, montrent que l’essentiel des progrès a été accompli entre 2008 et 2014, quand le chiffre mondial a reculé de 215 à 168 millions. Cela reste un chiffre énorme. Plus de la moitié de ces 168 millions d’enfants qui travaillent dans le monde sont engagés dans des activités dangereuses, activités qui mettent directement en péril leur santé, leur sécurité et leur développement moral. Actuellement, le nombre d’enfants qui effectuent des travaux dangereux s’élève à 115 millions, contre 171 millions en 2000.

La région d'Asie-Pacifique continue à enregistrer les plus grands nombre d'enfants (presque 78 millions ou 9,3% de toute la population d'enfants), mais l'Afrique sub-saharienne continue à être la région avec la plus forte incidence de travail des enfants (59 millions, plus de 21%).

Il y a 13 millions (8,8%) d'enfants astreints au travail des enfants en Amérique latine et les Caraïbes, tandis qu'ils sont 9,2 millions (8,4%) dans la région du Moyen-Orient et l'Afrique du Nord.
 
L'agriculture continue à être de loin le secteur avec le plus grand nombre d'enfants astreints au travail (98 millions, ou 59%), mais le nombre d'enfants dans les services (54 millions) et l'industrie (12 millions) n'est nullement négligeable – principalement dans l'économie informelle.
Le travail des enfants chez les filles a diminué de 40% depuis 2000, alors que chez les garçons la diminution est de 25%.
 
 
Les enfants soldats
En 2016, la plupart des Etats ont signé les textes contre l’utilisation des enfants dans les conflits armés. Pourtant, il y aurait quelque 250 000 jeunes âgés de 6 à 18 ans mêlés à une trentaine de conflits dans le monde. Alors que depuis 2002, selon le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l'enfant, la participation de ces derniers aux conflits armés est interdite, les enfants continuent d’être utilisés dans les guerres.

Consommant moins de nourriture que les adultes, dociles et influençables, ils sont combattants, poseurs de mines, voire porteurs, messagers, espions, cuisiniers, esclaves sexuels, etc. Si la majorité d’entre eux s’enrôlent pour fuir la maltraitance ou la pauvreté, beaucoup sont recrutés de force ou kidnappés. Les garçons forment le gros des troupes, mais ils ne sont pas les seules victimes. Les filles se battent comme eux et représenteraient presque la moitié des enfants soldats dans le monde.

Certaines s’engagent volontairement pour échapper à un esclavage domestique ou un mariage forcé. Enfants soldats, elles sont souvent victimes de viol, de traite, d’exploitation et de mutilations sexuelles, avec des risques de grossesses non désirées, des conditions d’accouchement tragiques et une exposition aux MST (maladies sexuellement transmissibles) dont le Sida.

Surtout destinés aux adultes, les programmes DDR (Désarmement, Démobilisation, Réintégration) des Nations unies, visant à reconstruire la paix et la stabilité, ainsi que le développement à long terme des sociétés après les conflits, ont tout de même permis de démobiliser plus de 100 000 enfants dans plus de 15 pays.

Les enfants face à la guerre et au terrorisme
Les conflits armés qui ensanglantent le monde ces dernières décennies n’ont jamais fait autant de victimes civiles puisqu’elles représenteraient actuellement 90 % des tués. Et parmi elles, la moitié serait des enfants. Enfants soldats ou pas, l’impact des guerres sur les plus petits est dès lors considérable. En une décennie, plus de deux millions d’enfants ont été tués, au moins six millions ont été blessés dont une grande partie souffre d’invalidité permanente.

Les impacts psychologiques sont également dramatiques. Les petits qui se retrouvent face à la décomposition de leur vie sociale, au stress, à la guerre, à la mort de leurs parents, aux viols de leurs sœurs ou de leur mère, demeurent psychologiquement traumatisés à vie.

Pour les enfants parvenant à échapper à la guerre, leur sort reste malgré tout peu enviable. Ils seraient quelque vingt millions réfugiés dans les Etats voisins ou déplacés dans leur propre pays. Pire, sur les dix dernières années, plus d’un million sont devenus orphelins ou ont été séparés de leur famille.

En Syrie, les violences à l'encontre des enfants ont atteint leur pire niveau au cours de l'année 2016. Dans le pays, où la guerre sévit depuis six ans, plus de 650 enfants ont été tués au cours de la dernière écoulée. Cela représente une augmentation de 20 % par rapport à l'année 2015. Parmi ces enfants tués, 255 l'ont été dans ou à proximité d'une école, ce qui prouve qu'ils sont délibérément visés.

Enfin, des milliers d’enfants sont victimes des attentats terroristes qui frappent partout dans le monde.  Ils en sont directement victimes, tués ou blessés, ou bien ils se retrouvent orphelins ou enfin sont embrigadés pour commettre eux-mêmes ces attentats.
 
 
L’exploitation sexuelle des enfants
Pour le bon plaisir d'adultes sans scrupules plusieurs millions d'enfants et d'adolescents sont prostitués ou exploités sexuellement à travers le monde. C'est avant tout un drame de pauvres. Même si l'on rencontre sur tous les continents des pédophiles, la très grande majorité des enfants prostitués et exploités sexuellement se trouvent dans les pays du tiers monde ou dans les catégories sociales très défavorisées des pays riches.

La majorité de ces jeunes a entre 12 et 18 ans, mais certains ont à peine 8 ans et même des bébés sont parfois impliqués. Là aussi, de réels progrès ont été réalisés grâce notamment à un renforcement de l’arsenal répressif, d’une réelle prise de conscience des populations et des campagnes d’information en direction des enfants.

L’Education,  un levier majeur
Entre tous, l’éducation joue un rôle crucial. Car, même au milieu du chaos, elle peut restaurer un certain degré de stabilité et de normalité pour les enfants. Une amélioration sensible a été opérée depuis 20 ans et le nombre d’enfants non scolarisés est passé de 115 millions à 93 millions.

L’écart entre le nombre de filles scolarisées et les garçons s’est considérablement réduit. Une amélioration qu’il faut cependant relativiser par le taux d’achèvement des études qui reste très insuffisant. L’éducation offre une occasion unique de transmettre aux enfants des messages de survie sur des questions aussi vitales que la prévention du sida et la sensibilisation aux dangers qui les menacent. L’éducation peut aussi permettre de semer la paix et la justice partout dans le monde.

La situation en France
La France est un des pays au monde qui respecte le mieux la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (le Canada et la Suède font figure de meilleurs « élèves »). Il existe toutefois de graves problèmes : la pauvreté, qui touche 3 millions d’enfants, avec ses conséquences désastreuses sur la scolarité, l’accès à la santé et au logement ; la discrimination qui pénalise les jeunes des banlieues issus de l’immigration ou d’Outre-mer ; la situation des mineurs étrangers isolés qui sont retenus dans les zones d’attente des aéroports ou qui errent dans les rues et dans des camps de fortune sans bénéficier d’assistance ; le recours excessif aux mesures répressives, par défaut de structures alternatives à l’incarcération des mineurs ; la situation dramatique des enfants Roms et des gens du voyage qui perdure ; la difficulté d’intégration scolaire des élèves handicapés, le harcèlement et le racket à l’école, le suicide des enfants et des jeunes ; la discrimination dans les cantines scolaires, les 30 000 enfants qui sont sans domicile fixe, les dérives sectaires de certains mineurs perdus dans le « djihad », le droit aux origines des enfants nés sous X, les difficultés de prise en charge des enfants par l’aide sociale à l’enfance, etc…

Dans son dernier rapport, publié aujourd’hui, le Défenseur des Droits, Jacques Toubon alerte sur les situations alarmantes de certains enfants vulnérables en France. Elles appellent, selon lui, « des réactions urgentes » des pouvoirs publics.

Il s’inquiète tout d’abord des récentes annonces du gouvernement sur la prise en charge des mineurs non accompagnés (MNA), ces jeunes migrants arrivant sans famille en France. Le gouvernement a récemment annoncé sa volonté de confier à l’Etat l’accueil d’urgence et l’évaluation de l’âge de ces jeunes « jusqu’à ce que leur minorité soit confirmée », mission qui relève actuellement des départements, chargés de la protection de l’enfance. Ce « transfert de compétences » fait craindre au Défenseur que s’installe « un dispositif dérogatoire au droit commun, qui tendrait à considérer ces jeunes d’abord comme des étrangers, avant d’être des enfants à protéger ».
 
Il se préoccupe également de la situation d’enfants vivant dans des bidonvilles, notamment ceux issus de la minorité Roms, dont les familles font fréquemment l’objet de procédures d’expulsion.

Concernant les familles en situation de précarité, le Défenseur des droits regrette le recours croissant à l’hébergement à l’hôtel, solution « inadaptée à l’accueil d’enfants ». Deux ans après son lancement, un plan gouvernemental de réduction des nuitées hôtelières n’est « pas suffisamment développé ».

Le Défenseur des droits se montre prudent concernant le projet du gouvernement de fixer un âge au-dessous duquel un mineur ne pourra être considéré comme consentant à un acte sexuel. Soulignant la « complexité » de cette question, il recommande de réaliser une étude afin d’évaluer « les impacts sur l’ensemble des droits de l’enfant ». Il s’interroge notamment sur les conséquences pour le mineur de l’ouverture d’une procédure criminelle pour viol. (voir article précédent).
 
Le rapport souligne enfin le rôle de l’école pour lutter contre les comportements sexistes, regrettant que les séances d’éducation à la sexualité prévues par la loi ne soient pas systématiquement organisées
 
 
Les droits de l'enfant, une ardente obligation pour l'avenir de nos sociétés
24 % des jeunes de 13 à 18 ans, à peine un sur quatre, ont déjà entendu parler de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE). Ainsi, on parle de moins en moins de droits de l’enfant, sauf quand l’actualité les ramène sur le devant de la scène (pédophilie, maltraitance…), et parfois à tort et à travers (mariage pour tous, « Djihad »).
 
En permanence de nouvelles tentatives ont lieu visant à lier droits des enfants avec ses devoirs avec l’idée que « l’enfant aura des droits lorsqu’il respectera ses devoirs ». Pourtant la convention internationale des droits de l’enfant dit exactement le contraire et a reconnu l’enfant comme un être humain à part entière qui n’appartient à personne que la société doit protéger.
En effet, comment un enfant peut-il respecter une règle, une loi venant d’un groupe, d’un Etat qui ne le respecte pas voire qu’il le dénie totalement ou qui l’exploite honteusement ? C’est pourquoi, en ces temps compliqués, il est plus que jamais nécessaire de mieux promouvoir les droits de l’enfant et la Convention Internationale auprès des enfants eux-mêmes.
 
Ce n’est pas une question mineure, car garantir à l’enfant le droit à la santé, à un nom, à une nationalité, à l’éducation, aux loisirs, à la culture, passe par le fait que ces droits soient aussi accordés à leurs parents.

JCC

Deux affaires récentes ont relancé la question du consentement des mineurs à un acte sexuel.  En effet, la cour d’assises de Seine-et-Marne a acquitté, début novembre, un homme jugé pour le viol d’une fille de 11 ans, au motif « qu’il n’était pas établi que la relation sexuelle avait eu lieu sous la contrainte ». En septembre, le tribunal correctionnel de Pontoise a jugé pour « atteinte sexuelle » et non pour « viol » la relation entre une fille de 11 ans et un homme de 28 ans. Le parquet avait alors estimé que rien ne prouvait que l’acte ait été imposé par la contrainte, la violence, la menace ou la surprise.

A la suite de ces affaires, plusieurs propositions de loi ont été déposées, notamment en septembre, pour instaurer un âge en-dessous duquel tout acte sexuel avec une personne mineure serait automatiquement qualifiée comme un acte imposé, donc une agression sexuelle. Parallèlement, le gouvernement prépare pour 2018 une loi contre les violences sexistes et sexuelles, dans laquelle cette question sera abordée.

Aujourd’hui, la loi française indique que tout acte sexuel entre un adulte et un enfant ou adolescent de moins de 15 ans, quelles que soient les circonstances, est défini comme une atteinte sexuelle, punie de cinq à dix ans de prison et de 75 000 euros d’amende (article 227-25 et suivants du code pénal). Autrement dit, la loi considère que la majorité sexuelle d’un enfant est fixée à 15 ans. Ainsi, la loi permet à deux mineurs d’avoir des relations sexuelles entre eux, à partir du moment où il y a consentement mutuel. En revanche, depuis 2005, il faut avoir 18 ans pour se marier.

Si une relation sexuelle sans pénétration (attouchement, nudité imposée, caresse…) est commise sans le consentement de la personne, les faits sont qualifiés d’agression sexuelle, un délit puni de cinq ans de prison et de 100 000 euros d’amende, voire davantage en cas de circonstance aggravante.

Si l’acte sexuel imposé sans consentement inclut une pénétration, il s’agit d’un viol, crime jugé en cour d’assises et passible de vingt ans de prison si la victime a moins de 15 ans.

En revanche, la loi française ne définit pas le consentement en tant que tel mais son expression, qui est définie comme l’absence de violences, de contraintes, de recours à des pressions physiques ou morales, d’abus de sa position dominante, de menaces ou de surprise, c’est-à-dire des recours à des stratagèmes pour surprendre la victime ou abuser.

Actuellement, l’atteinte sexuelle sur une personne de moins de quinze ans est pénalement réprimée car on estime qu’un mineur suffisamment jeune ne peut consentir librement à un acte sexuel avec un adulte.

Et si la situation semble claire pour de très jeunes enfants,  la loi n’empêche pas aujourd’hui de considérer qu’un acte sexuel avec un mineur de 11 ans ait pu être commis sans recours à la violence, à la contrainte, à la menace ou à la surprise.

C’est pourquoi, le Haut Conseil à l’égalité préconise un minimum de 13 ans, alors que plusieurs experts et associations plaident pour un seuil plus élevé. Selon la secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, il pourrait s’établir « entre 13 et 15 ans ».

JCC

(Source : les Décodeurs)

Après s'être montré belliqueux sur le dossier nord-coréen à Séoul, Donald Trump a changé d'approche en atterrissant sur le sol chinois. Reçu en grande pompe par son homologue Xi Jiping, le président américain a bénéficié d'une visite privée de la Cité interdite.

Après cette visite en compagnie de Melania Trump et  Peng Liyuan, l'épouse du président chinois, Donald Trump a fait diffuser  une vidéo de sa petite-fille de 6 ans, Arabella Kushner. La fille d'Ivanka et de Jared Kushner avait enregistré une vidéo où elle chante en mandarin et où elle récite quelques vers du Classique des trois caractères, un ouvrage médiéval qui explique les principes du confucianisme aux enfants.

L’embarras que procure cette vidéo n’a pas touché la plupart des médias qui ont trouvé cela plutôt « mignon »… Le président américain a commenté la prestation de sa petite fille par ces mots : « Nos enfants nous rappellent si souvent notre commune humanité et notre véritable dignité ». L’indécence de ce personnage n’a pas de limites.

Imaginez Macron faire la même chose ?

JCC

Voir la vidéo 

Le harcèlement à l’École, touche chaque année 700 000 enfants qui souffrent au quotidien de brimades, de moqueries, de mises à l’écart voire de violences physiques. Cette journée de sensibilisation a été voulue par le gouvernement français en 2015, il s'agit donc  de la troisième édition. Détecter les harcèlements, libérer la parole, permettre aux victimes de trouver l'aide nécessaire, sont les principaux objectifs de cette journée.

Le harcèlement scolaire, en ligne ou non, est caractérisé lorsqu'un élève adopte un comportement ou tient des propos répétés vis-à-vis d'un autre élève, entraînant une dégradation des conditions de vie de la victime.

Les actes concernés peuvent notamment être des brimades, des humiliations ou encore des insultes répétées. Ces comportements ne sont pas des jeux. Ce sont des violences insupportables pour les victimes. Elles peuvent avoir des conséquences très graves comme le suicide, des dépressions à répétition, des troubles anxio-dépressifs ou bien encore des troubles psycho-traumatiques avec des souffrances.

Le harcèlement scolaire est puni par la loi, y compris si les actes ont été commis en dehors de l'établissement scolaire (école, collège, lycée).

Pour les élèves qui sont victimes de harcèlement scolaire ou qui sont témoins de ces scènes, il est faut absolument en parler à un adulte (maîtresse ou maître, professeur, parents par exemple). Il existe aussi un numéro vert « Non au harcèlement » au 3020 et « Net écoute » concernant plus spécifiquement le harcèlement en ligne au 0800 200 000.

Pour les parents, il est conseillé de prendre rendez-vous avec la direction de l'établissement scolaire et de contacter un délégué de parents d'élèves si la situation est avérée voire d’interpeller l’Inspection académique.

Cette journée de sensibilisation se tient cette année dans le contexte de la libération de la parole des femmes victimes d'agressions et de harcèlement sexuels, à la suite de l'affaire Harvey Weinstein, producteur américain accusé par de nombreuses femmes.
JCC
 

Des nuées d’avions envahissent le ciel sous un soleil éclatant, des yeux sidérés et un bras d’où une tulipe a poussé, des balles, ou des machettes, qui touchent là le ventre, là le cou, des mains qui s’agrippent dans la fuite… « Déflagrations », c’est la guerre des adultes vue à hauteur d’enfants à travers plus de 150 dessins. De la Première Guerre mondiale à la Syrie contemporaine, les scènes et les motifs se répètent inlassablement dans un trait tantôt clinique, onirique, flamboyant, drôle ou macabre.

Pour collecter et documenter ce corpus extraordinaire, Zérane S. Girardeau s’est entourée d’une équipe d’historiens, de praticiens du droit international, de psychiatres et psychologues, de membres d’institutions internationales et d’ONG, mais aussi d’artistes, de correspondants de guerre, d’écrivains et de témoins à titres divers. Tous interrogent notre rapport à la violence, mais aussi le statut de ces documents. Ils nous « regardent », nous interpellent et nous nous devons de répondre à ces images, fragiles et ignorées.

La préface est signée par  Françoise Héritier :qui est la marraine du projet. Françoise Héritier  est anthropologue, ethnologue et  professeure honoraire au Collège de France.

« Déflagrations » est le titre de ce livre, mais il s’agit aussi d'une exposition rassemblant 200 dessins.  Elle est visible jusqu’au 16 décembre 2017 à la médiathèque André-Malraux de Strasbourg (67).

JCC

(Source : éditions Anamosa)

« Déflagrations, Dessins d’enfants, guerres d’adultes » de Zérane S. Girardeau aux Editions Anamosa (30 €).

Permettre à des enfants atteints de pathologies lourdes de découvrir les sculptures de Rodin depuis leur d’hôpital : c’était l’objectif poursuivi par l’initiative « Rodin va à l’hôpital », une opération exemplaire lancée en avril dernier grâce au partenariat entre l’hôpital d’enfants Margency (95), un établissement de la Croix-Rouge, le musée Rodin, et l’artiste Caroline Desnoëttes.

Un objectif qui a trouvé son apogée lundi 30 octobre, à l’occasion de la présentation des œuvres des enfants au musée Rodin, œuvres réalisés par les enfants au cours des ateliers créatifs qui leur ont été proposés. En novembre et décembre, ces mêmes travaux seront présentés à l’hôpital Margency. Cette opération a été conçue dans le cadre du programme régional « Culture à l’hôpital » soutenu par la Direction régionale des affaires culturelles d’Ile-de-France et l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France.

Les enfants de l’hôpital de Margency ont ainsi vécu des moments intenses qui leur ont permis d’une part de rechercher en eux la richesse dont ils ne sont bien souvent pas conscients d’avoir et d’autre part d’oublier un peu leur maladie.

JCC

Dans un communiqué, publié sur le site « Ressources solidaires », 17 associations (*)  s’inquiètent des implications de l’annonce du premier ministre , qui lors d’un discours devant le Congrès de l’Assemblée des Départements de France, a annoncé que « l’Etat assumera l’évaluation et l’hébergement d’urgence des personnes se déclarant mineures entrant dans le dispositif[de protection de l’enfance, jusqu’à ce que leur minorité soit confirmée ».

Pour ces organisations cette annonce laisse peser de nombreuses interrogations sur les rôles et responsabilités de chacun et constitue un recul grave pour les droits de l’enfant dans notre pays. Dans ce communiqué, les associations  affirment fortement leur opposition à ce que l’accueil, la mise à l’abri, l’évaluation ou l’accompagnement des Mineurs non accompagnés soient organisés dans le cadre des politiques publiques liées à l’immigration.

Pour elles,  ces enfants, du fait de leur vulnérabilité et de leur minorité, doivent bénéficier d’une protection particulière et ne sauraient être pris en charge en « hébergement d’urgence », ou accueillis dans les mêmes dispositifs que des adultes. Elles estiment par ailleurs, que tout doute sur la minorité d’un jeune doit bénéficier à la personne, qui doit être considérée comme mineure jusqu’à preuve du contraire.

Les associations demandent  à être entendus collectivement sur le sujet des Mineurs non accompagnées et à ce que les acteurs de la protection de l’enfance soient intégrés dans l’ensemble des concertations en cours.

Elles demandent donc que le gouvernement clarifie ses intentions sur ces points.

JCC

(Source : Ressources solidaires)

 

(*) Liste des signataires
Amicale du Nid - Apprentis d’Auteuil - ANMECS - Fédération des acteurs de la solidarité – Fédération Entraide Protestante - Fédération Habitat et Humanisme - Fondation Abbé Pierre - Fondation Armée du Salut - FNAAFP/CSF Fédération de l’aide à domicile - France Terre d’Asile - La Cimade - Médecins du Monde - La Ligue des Droits de l’Homme - Secours Catholique – Union des Associations Familiales - Union pour l’enfance – Uniopss

Actualités des droits de l'enfant

Actualités des droits de l'enfant en France et dans le monde. Blog complémentaire du site internet www.droitsenfant.fr. Citation : A. de Saint-Exupéry

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