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Actualités des droits de l'enfant

Egypte : la terrible condition des enfants des rues

Un quotidien égyptien a publié récemment un article intitulé « Enfants des Rues : la solution brésilienne » dans lequel l’auteur décrivait la politique brésilienne pour se débarrasser des enfants des rues comme un succès. Cette politique s’était notamment soldée par l’assassinat de 50 enfants devant une église en 1993 par les terribles « escadrons de la mort ». Cet article a provoqué un scandale dans ce pays où au moins 50 000 enfants vivent dans la rue.

Le pays a ratifié la Convention sur les Droits de l’Enfant depuis 1990 et ce sans aucune réserve depuis 2003. La loi égyptienne relative à l’Enfant date de 1996 et elle a été amendée en 2008. Elle garantit les droits de l’enfant tels que mentionnés dans la Convention. Ces droits sont encore renforcés par l’article 80 de la Constitution qui date de 2014. Il indique que « toute personne n’ayant pas atteint l’âge de 18 ans est un enfant ».

Force est de constater que l’Etat égyptien manque à ses devoirs puisqu’au-delà des 50 000 enfants vivant dans la rue, ils seraient entre 100 000 et 1 million y travaillant comme petits vendeurs, laveurs de voiture, etc…. Les petites filles sont sollicitées sexuellement dès leur plus jeune âge et finissent par se prostituer. D’ailleurs, la prostitution des filles et des garçons se banalise et constitue une source de revenus pour les enfants. Par ailleurs, la plupart des enfants des rues sont confrontés à la drogue.

Ces enfants sont souvent issus de familles pauvres ou tentent d’échapper à la violence familiale. Mais, ils, rencontrent dans la rue encore plus de violence et d’abus qu’ils travaillent, mendient ou volent pour subvenir à leurs besoins. Outre la difficulté de leur vie dans la rue, ils accèdent difficilement à des soins car les hôpitaux refusent de les soigner car ils sont considérés comme sales. Ils n’ont aucun droit et souvent ils n’ont même pas de carte d’identité. Il faut dire que dans ce pays, les enfants des rues sont accusés d’être porteurs de maladies, facteurs d’insécurité et de violence.

Certes, il y a une volonté actuellement de la part du Ministère de la Solidarité pour comprendre le phénomène et tenter de l’éradiquer. Mais l’option choisie par le gouvernement fait bondir les ONG locales puisqu’il semble que la politique privilégiée serait l’éloignement de ces enfants dans des centres de détention ou spécialisés à l’écart de la ville. Cela compromet l’objectif principal poursuivi par des ONG qui consiste à mettre en œuvre la progressive réinsertion des enfants des rues dans la société.

En effet, les autorités égyptiennes recourent à des méthodes plus répressives puisque beaucoup d’enfants ont disparu de la rue ces dernières années. D’après les ONG, la police pratiquerait des rafles pour les conduire en centre de détention. Là, ils sont mis en contact avec des adultes délinquants et/ou criminels ce qui rend encore plus difficile leur possible réinsertion. Quand, ils sont placés en centre pour mineurs, ils subissent des violences et des abus sexuel comme l’ont dénoncé, récemment, les associations locales.

Du coup, l’espoir que le Ministère de la Solidarité se penche sérieusement sur la situation est mis en doute car il mène une véritable croisade contre les ONG qui ont osé dénoncer ces pratiques.

JCC

(Sources : UNICEF et FACE)

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Actualités des droits de l'enfant en France et dans le monde. Blog complémentaire du site internet www.droitsenfant.fr. Citation : A. de Saint-Exupéry

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