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Actualités des droits de l'enfant

Bolivie : une loi autorise le travail des enfants à partir de 10 ans

Depuis le 6 août, date de l'entrée en vigueur du nouveau Code du travail pour les enfants et adolescents, ces derniers peuvent s'engager auprès d'un patron à partir de 12 ans, et même travailler à leur propre compte dès 10 ans !

Réagissant à cette loi, qui est une première mondiale, l'Unicef a exprimé sa « préoccupation », et l'Organisation internationale du travail (OIT) a annoncé une enquête. Mais en Bolivie, la nouvelle loi n'a guère suscité de débats tant ces enfants travailleurs font partie du paysage. À La Paz, à tous les coins de rue, ils cirent les chaussures, lavent les voitures, portent les colis, vendent des babioles le jour comme la nuit. Une enquête réalisée en 2008 en a dénombré 848.000, âgés de 5 à 17 ans, soit plus d'un quart de cette classe d'âge.

Incroyable mais vrai, leur syndicat, « l'Unatsbo » (Union de Ninos y Adolescentes Trabajadores de Bolivia –Union des enfants et adolescents travailleurs de Bolivie), demandait depuis plusieurs années l'abaissement de l'âge légal du travail. Pour le chef d'État bolivien, qui a lui-même œuvré très jeune comme gardien de troupeau, avait indiqué que « l’habitude de travailler rend les enfants plus responsables du point de vue social, s'il est bien encadré » (voir article précédent). Dans la loi, les autorisations de travailler à 10 et 12 ans sont donc délivrées par la Défense de l'enfance, qui aura auparavant réalisé une enquête dans la famille. À partir de 14 ans, l'adolescent salarié bénéficie par ailleurs des mêmes droits qu'un adulte, comme la sécurité sociale et le salaire minimum de 150 euros par mois.

Cette nouvelle loi, cependant, prend à rebours l'évolution récente de l'Amérique latine qui ne compte plus que 13 millions des 168 millions d'enfants travailleurs recensés par l'OIT. Récemment, le Mexique a remonté l'âge légal du travail à 15 ans, et le Chili à 16 ans.

En Bolivie profonde que la situation des enfants est pourtant critique. Ils sont employés sans aucun contrôle dans les briqueteries, les champs de cannes à sucre, les mines. En août dernier, la presse bolivienne a révélé qu'au moins 145 enfants s'échinaient dans le « Cerro Rico de Potosi », qui fut à l'époque coloniale la mine la plus riche et la plus meurtrière du monde.

Cette nouvelle loi risque de promouvoir encore plus le travail infantile.

Si Evo Morales, le chef de l’Etat bolivien, est devenu ce qu'il est sans avoir étudié et en ayant travaillé lorsqu’il était enfant, les autres petits Boliviens n'auront sûrement pas cette chance.

JCC

(Source : UNICEF et OIT)

commentaires

Daubannay Maurice 14/09/2014 09:20

Article excellent. Pourrais-je avoir les références OIT et Unicef ?
J'ai trouvé pour l'OIT (28 juillet 2014) mais pas l'Unicef.

MERCI !
Continuez ce travil de dépistage/décryptage !

MD

maduka 13/09/2014 18:53

La situation des enfants travailleurs à BOLIVIE est en tout cas est une disposition déplorable d'autant plus qu'ils sont entrain d'hypothéquer l'avenir de ces enfants. Moi qui vous écris, suis le Président National d'une ONG dénommée ADEJEC à Kinshasa/RDC. Dans ladite structure nous défendons les droits et devoirs enfants en général et des jeunes de sexe confondu en particulier.
Merci!

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Actualités des droits de l'enfant en France et dans le monde. Blog complémentaire du site internet www.droitsenfant.fr. Citation : A. de Saint-Exupéry

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