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Actualités des droits de l'enfant

Etats-Unis : les enfants sont devenus une marchandise que l’on s’échange ou que l’on vend

J’avais déjà évoqué cette question sur ce blog, mais l’incroyable phénomène semble empirer. Abandonnés par leurs parents adoptifs américains, des centaines d’enfants se retrouvent « en vente » sur Internet.

Extrait d’une annonce : « D… a 10 ans, il n’a pas été diagnostiqué hyperactif et ne prend pas de médicaments. Il est capable de bien se concentrer et il adore faire des puzzles. Le petit garçon est malicieux et a une passion pour le jardinage. » Une photo accompagne l’annonce publiée sur « Second Chance Adoptions ». Son « prix » est, bien entendu, affiché : 3 500 dollars (environ 2 600 euros) de frais d’agence, plus 200 dollars d’enregistrement et de 1 500 à 2 500 dollars pour les avocats. Le tout déductible d’impôts, précise l’annonce. Le garçon a déjà été adopté en Russie mais ses parents ne veulent plus de lui.

Comme des dizaines d’autres enfants aux Etats-Unis, il est sur le « marché » de « seconde main » : le « re-homing » comme disent les Américains, même si le terme est controversé car le mot est plus souvent employé pour les animaux (littéralement : instinct de retour). Comme sur un vrai marché d’occasion, les prix sont aussi cassés : tandis qu’une adoption internationale coûte facilement 10 000 à 30 000 dollars, ces enfants changent de parents pour moitié moins, parfois même gratuitement.

Aucun décompte officiel de ces adoptions de seconde main n’est fait aux Etats-Unis, mais on y estime que 1 à 10% des adoptions d’enfants à « besoins spéciaux » (handicaps ou troubles du comportement) sont dissoutes, selon un récent rapport du Congrès Américains. Au regard des plus de 100 000 cas finalisés chaque année dans le pays, ceux-ci restent donc exceptionnels. Ils se comptent tout de même par centaines, voire par milliers.

Les parents américains qui veulent abandonner leurs enfants peuvent le faire très simplement, soit en passant par une agence, soit en trouvant eux-mêmes un couple de rechange par Internet ou dans leurs communautés religieuses. Une simple procuration enregistrée chez le notaire suffit pour confier l’enfant à une nouvelle famille, qui pourra l’inscrire à l’école ou toucher des allocations, sans qu’aucun contrôle ne soit effectué. Pour une « ré-adoption » complète, un passage au tribunal est nécessaire et un minimum de contrôles effectués pour s’assurer que les nouveaux parents sont bien aptes à accueillir.

Sur un forum Yahoo intitulé « Adopting from Disruption », un nouvel enfant était proposé chaque semaine en moyenne ces cinq dernières années. Mais depuis une enquête de l’agence Reuters, publiée en septembre 2013, Yahoo a fermé le groupe et plusieurs des 50 Etats américains ont commencé à renforcer leur législation pour assurer un peu plus de contrôles. Une loi votée en avril au Wisconsin interdit à toute personne qui n’est pas spécialement licenciée par l’Etat de faire la publicité d’enfants de plus de 1 an et de les présenter à l’adoption. Elle oblige les familles à passer par un tribunal s’ils veulent transférer la garde à une personne autre qu’un parent. Mais beaucoup d’autres Etats américains continuent de fermer les yeux sur ces annonces en ligne.

Les défenseurs des droits de l’enfant redoutent que le phénomène s’aggrave avec tous les pays qui se ferment ou réduisent l’adoption internationale.

Glaçant….

JCC

(Source : Sleaford Today)

Voir l’enquête de Reuters (en langue anglaise)

commentaires

Georges 25/06/2014 14:13

Inconcevable ! Ce pays est capable du meilleur comme du pire !

Actualités des droits de l'enfant

Actualités des droits de l'enfant en France et dans le monde. Blog complémentaire du site internet www.droitsenfant.fr. Citation : A. de Saint-Exupéry

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